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Baba Ahmadou Danpullo prépare la reprise des activités de Nexttel

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Le milliardaire camerounais Baba Danpullo relance Nexttel Cameroun avec l’ambition de renforcer la position de l’opérateur sur le marché de la téléphonie mobile. Cette nouvelle étape mise sur davantage de professionnalisme et d’expertise technique pour séduire les consommateurs et conquérir de nouvelles parts de marché.

Depuis 2018, la gestion de Nexttel (Viettel Cameroun) est paralysée par une guerre ouverte entre le groupe vietnamien Viettel Global (70% des parts) et la holding de Baba Danpullo, Bestinver Cameroon (30% des parts).

Face aux initiatives unilatérales de l’homme d’affaires camerounais, Viettel Global a intensifié ses démarches auprès de la présidence camerounaise pour exiger la protection de ses investissements, évalués à plus de 210 milliards de FCFA. Le groupe vietnamien demande formellement à l’État de bloquer l’entrée de tout nouveau partenaire financier ou repreneur tiers (comme Axian Telecom) sans son accord écrit préalable.

Le temps presse pour l’opérateur, dont la licence d’exploitation au Cameroun expire en décembre 2027. De plus, l’entreprise est plombée par une dette estimée à environ 60 milliards de francs CFA et a essuyé de lourdes sanctions financières de la part de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) pour des manquements réglementaires.

Malgré un arrêt de la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) en juillet 2024 rappelant la nécessité de recourir à l’arbitrage pour solder le litige, Baba Danpullo tente un passage en force en relançant le dialogue et le déploiement opérationnel afin de sauvegarder un actif qui génère encore des milliers d’emplois directs et indirects dans le pays

Impact de cette relance des activités

Une relance effective des activités de Nexttel sous l’impulsion de Baba Danpullo aurait des répercussions majeures, bousculant un marché des télécoms camerounais actuellement figé. Depuis la suspension progressive du signal de Nexttel en 2023, le marché mobile national est retombé dans un quasi-duopole partagé par les géants MTN et Orange (Camtel et son offre « Blue » restant plus en retrait).

À son lancement en 2014, Nexttel avait bâti son succès sur des forfaits internet et d’appels particulièrement agressifs. Sa réintroduction sur le marché va forcer MTN et Orange à revoir leurs grilles tarifaires à la baisse pour éviter la fuite de leurs abonnés. Les consommateurs camerounais expriment régulièrement leur frustration face à la qualité du réseau (campagnes de boycott régulières). Le retour d’un troisième acteur va accentuer la pression sur les leaders pour améliorer la stabilité des appels et le débit internet.

S’agissant de l’inclusion numérique en zone rurale, Nexttel a toujours possédé un avantage concurrentiel unique au Cameroun : la densité de sa couverture en zone rurale. Grâce à des investissements initiaux massifs (plus de 200 milliards de FCFA), l’opérateur dispose de pylônes et d’infrastructures dans l’arrière-pays que ses concurrents n’ont jamais totalement couverts.

La relance réactivera ce réseau, réduisant la fracture numérique pour les populations des villages et des zones enclavées qui réclament activement le retour de l’opérateur via le mouvement #BringBackNexttel.

La reprise opérationnelle nécessitera également le rappel de techniciens, d’ingénieurs réseaux, de commerciaux, et la réactivation du réseau de distribution physique (boutiques, call centers, revendeurs de puces et de crédit). Une concurrence accrue sur la data va faciliter le quotidien des start-ups locales, des acteurs du e-commerce et des créateurs de contenu qui dépendent d’un accès internet haut débit plus abordable.

Malgré les espoirs des consommateurs, le contexte de cette relance envoie un signal contrasté aux investisseurs internationaux. Le fait que Baba Danpullo tente de relancer la machine de façon unilatérale alors que l’actionnaire majoritaire légal, le groupe étatique vietnamien Viettel Global (70% des parts), s’y oppose et saisit directement la présidence de la République, illustre l’insécurité juridique qui persiste autour de la marque. Avec une licence qui expire en décembre 2027 et une dette accumulée estimée à 60 milliards de FCFA, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) et l’État du Cameroun vont devoir trancher. Si la relance ne s’accompagne pas d’une réconciliation financière ou d’un repreneur validé par toutes les parties, l’impact positif sur le marché pourrait n’être que de courte durée.

Rédaction
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