(BFI) – La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a officiellement lancé une vaste stratégie pour accroître et moderniser la circulation des pièces de monnaie dans la zone CEMAC. Cette initiative, entrée en vigueur ce lundi 2 novembre 2026, s’appuie sur le retrait des anciennes gammes pour faire place à de nouvelles injections massives de monnaie. Objectifs : Harmoniser la monnaie autour des gammes de 2006 et 2024, et lutter contre la refonte illégale de ces vieilles pièces pour la revente des métaux qu’elles contiennent.
Au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), qui compte six États membres, le nombre moyen de pièces de monnaie par habitant est passé de 16 — avant l’introduction de la série de pièces 2024 — à 23 au 31 mai 2026, soit une augmentation de près de 44 %. Ces chiffres ont été communiqués par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) le 28 octobre 2026, à Yaoundé. La banque centrale vise désormais à porter ce chiffre à 30 pièces par habitant d’ici 2030, ce qui représente une hausse supplémentaire d’environ 30 % par rapport au niveau enregistré fin mai. Cette progression fait suite à la mise en circulation de la nouvelle série de pièces 2024, intervenue le 2 avril 2025.
Selon Emmanuel Asafor Cho, directeur national adjoint de la BEAC pour le Cameroun, 265 millions de pièces issues de cette nouvelle série ont été mises en circulation dans la région depuis leur lancement. La BEAC indique qu’une meilleure disponibilité des pièces a permis d’entamer le retrait des anciennes séries. Ces pièces étaient restées en circulation pendant des décennies, en grande partie en raison de pénuries persistantes de petite monnaie. Elles continuaient d’être utilisées même après l’introduction de la série 2006 et, plus récemment, de la série 2024.
Le 7 octobre 2026, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), réuni à N’Djamena, a décidé de retirer le cours légal aux pièces émises en 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. Cette décision est entrée en vigueur le 1er novembre 2026 dans l’ensemble des six pays de la CEMAC : le Cameroun, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Depuis cette date, les pièces concernées n’ont plus cours légal et ne peuvent plus être utilisées pour régler des biens, des services ou des dettes.
La BEAC précise par ailleurs que ce retrait vise à réduire les risques de contrefaçon et à mettre fin à la circulation simultanée de plusieurs générations de pièces, qui diffèrent par leur taille, leur design et leur composition métallique. Les détenteurs disposent d’un délai d’un an pour échanger, sans frais, ces anciennes pièces contre des exemplaires issus des séries 2006 ou 2024. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, ces échanges pourront être effectués auprès des agences de la BEAC, des banques commerciales et des établissements de microfinance. Du 1er août au 31 octobre 2027, seules les agences de la BEAC assureront ces échanges. À compter du 1er novembre 2027, les anciennes pièces ne seront plus échangeables.
Lors de sa conférence de presse du 28 octobre, la BEAC a précisé que les banques et les établissements de microfinance sont tenus d’accepter les demandes d’échange, même de la part de personnes qui ne sont pas leurs clientes, et ce, sans exiger l’ouverture d’un compte. La présentation d’une pièce d’identité restera toutefois nécessaire afin de garantir la traçabilité des opérations. Les pièces des séries 2006 et 2024 conservent leur cours légal et doivent continuer à être acceptées pour tout paiement au sein des six pays de la CEMAC.
André Noir




