Adrien Diouf, UMOA-Titres : « nous allons mobiliser 3500 à 4000 milliards FCFA en 2020 »

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Adrien Diouf, directeur général de l’Agence UMOA-Titres

(BFI) – Le Directeur de l’Agence UMOA-TITRES, Adrien Diouf, a accordé   un entretien au confrère de Financial Afrik en marge de la deuxième édition des Rencontres du marché des titres publics (REMTP 2020) tenues du 8 au 10 janvier 2020 à Dakar en présence d’une pléthore de représentants de la finance régionale et mondiale. Dans cet entretien, Adrien Diouf est revenu sur la faiblesse du marché secondaire et entre autres sur la possibilité de lever des fonds sur le marché de la finance verte. Le directeur de l’Agence UMOA-Titres a également dévoilé les perspectives de l’institution qu’il dirige à court, moyen et long terme.

Pouvez-vous revenir sur l’objectif des Rencontres du marché des titres publics (REMTP 2020) ?

L’objectif essentiel de cette rencontre était de réunir l’ensemble des acteurs du secteur financier afin de travailler sur les approfondissements de ce marché à travers la mobilisation de l’épargne et l’innovation financière. Cette initiative organisée par l’Agence UMOA-TITRES, de concert avec l’institution britannique FSD Africa, visait aussi à passer en revue la situation du marché et les innovations nécessaires à son expansion.

La REMPT en est à sa deuxième édition, quel bilan en tirez-vous ?

Ecoutez !  Il est très tôt de tirer un bilan de fond mais ce qu’on peut relever pour l’instant, c’est la forte affluence des acteurs, notamment les agents des institutions bancaires, des structures de caisse de retraite et des sociétés d’assurances. Cet engouement démontre que l’initiative intéresse de près les investisseurs, les émetteurs ainsi que les autres acteurs du milieu.

Quelles sont les avancées majeures en termes de réalisations ?

La réalisation la plus concrète est le montant levé sur ce marché financier en 2019. Sur cet exercice, on a levé 3 420 milliards de FCFA sur le marché des titres UMOA, ce qui constitue un record depuis la création de l’agence en 2013. De plus, cette levée a été faite à 50% sur des titres obligataires, ce qui aussi, en termes de proportions, correspond à un record. Et enfin, je dirais que 20% de ce montant a été fait sur des titres d’une maturité supérieure à 5 ans. Autant d’éléments qui prouvent que notre marché est en train d’évoluer vers sa maturité.  Nous allons de plus en plus vers des financements à long terme.

Quelles sont les contraintes que vous rencontrez pour le développement de ce marché financier ?

Une des principales contraintes que nous rencontrons est la faiblesse du marché secondaire. Malheureusement, les titres de seconde vie sur notre marché enregistrent des volumes de transaction très faibles. C’est la principale contrainte parce qu’elle empêche le marché de se développer. Cela est dû un peu au fait que notre base d’investisseurs est constituée à 80% de banques. Ce qui en fait un modèle monolithique et rend notre travail difficile. Mais nous espérons pouvoir y arriver et continuons  à travailler dans le sens  de la diversification  de la base des investisseurs.

Justement, vous parlez de marché secondaire. Quelles sont les solutions concrètes préconisées pour l’améliorer ?

Il y a un certain nombre de solutions qui doivent être mises en place pour dynamiser ce compartiment. La première est la diversification des acteurs du marché. Il est important d’avoir, au-delà des acteurs habituels qui font du “buy and hold”, des intervenants qui font du trading. Le deuxième axe porte sur la disposition à entreprendre des réformes. Il est important qu’on ait une Market Place, c’est-à-dire un endroit où l’ensemble des demandes et des offres pourront être confrontées afin de pouvoir « matcher ». Du reste, il y a des paramètres liés à la culture. Nous devons évoluer de la stratégie de “buy and hold” vers une culture de “trading”.

Le marché UMOA-Titres est-il vraiment au service des économies de l’Union ?

Absolument !  Aujourd’hui, les 3400 milliards FCFA que nous avons mobilisés en 2019 sont destinés au financement des budgets   de nos Etats. Donc, réinjectés dans les économies nationales avec un impact sur l’économie réelle de l’UEMOA. Parmi les 8 Etats, il y en a un qui finance 10% de son budget à travers le marché. Je pense que l’utilité du marché est largement démontrée.

La finance verte est une opportunité pour lever des fonds. Quelle sera la stratégie de l’Agence UMOA-Titres pour capter les ressources à ce niveau ?

Notre stratégie en ce qui concerne la finance verte est celle d’un émetteur. Nous allons travailler avec notre partenaire FSD Africa pour exploiter les types d’émissions, concernant certaines niches d’investissements. Mais, comme vous le savez,  la condition préalable est  de pouvoir identifier tous  les projets  pouvant être financés  par ces ressources. Donc la première étape de notre stratégie consistera à identifier les projets phares afin de lever des fonds verts.

Pour finir, quelle est votre feuille de route à court, moyen et long terme?

Notre feuille de route à court terme est de répondre aux demandes des Etats. C’est à dire aux objectifs fixés pour 2020. Nous comptons mobiliser entre 3500 et 4000 milliards de FCFA de fonds pour   le compte des Etats de l’UEMOA. Ce qui constitue un objectif direct à court terme. Dans un horizon un peu plus éloigné, nous allons procéder à la diversification des acteurs du marché notamment des investisseurs (investisseurs institutionnels et étrangers). L’objectif à moyen terme est de rendre notre marché attractif à 100 % afin d’attirer le maximum d’investisseurs, notamment étrangers.

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