(BFI) – Le Cameroun finalise une stratégie nationale de développement de l’intelligence artificielle (IA), visant à favoriser la création d’emplois, à améliorer la productivité et à renforcer les services publics. Cette stratégie s’articulera autour de plusieurs axes : les infrastructures numériques, la gouvernance des données, le développement des compétences, la recherche et l’innovation, ainsi que l’usage responsable de l’IA. La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a annoncé cette initiative lors du Sommet mondial sur l’IA et le numérique, qui s’est tenu du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.
Selon un récent rapport du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, la ministre a représenté le Cameroun à cet événement international, qui a réuni des responsables gouvernementaux, des partenaires au développement, des entreprises, des chercheurs et des représentants de la société civile pour débattre du rôle des technologies numériques et de l’IA dans le développement économique.
Intervenant lors du sommet, Minette Libom Li Likeng a indiqué que le gouvernement élabore un cadre national pour encadrer l’utilisation de l’IA, à mesure que cette technologie se généralise. « Le gouvernement est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle. C’est dans ce cadre que des consultations nationales sur l’intelligence artificielle ont été organisées, aboutissant à un projet — une ébauche de stratégie nationale pour le développement de l’économie numérique du Cameroun — actuellement en phase de finalisation et reposant sur plusieurs piliers essentiels », a-t-elle expliqué. Les priorités incluent le développement des infrastructures numériques et des systèmes de gouvernance des données, le renforcement des compétences de la main-d’œuvre, la promotion de la recherche et de l’innovation numérique, ainsi que l’établissement de règles pour un usage responsable de l’IA.
Ces mesures couvrent des domaines clés de l’économie numérique camerounaise, notamment les infrastructures technologiques, les compétences professionnelles et la réglementation des services numériques. La ministre a également souligné l’importance de définir des règles appropriées pour l’adoption de cette technologie. Elle a qualifié l’IA de « technologie qui, si elle est correctement réglementée et gouvernée, constituera l’une des étapes majeures de l’évolution de l’humanité dans les années à venir ».
Le Cameroun soutient les ambitions numériques de l’Afrique à l’horizon 2030
Au-delà de sa stratégie nationale, le Cameroun a pris part aux discussions sur la transformation numérique de l’Afrique, dans le cadre de la Déclaration de Cotonou. Celle-ci définit l’ambition du continent de créer un marché numérique africain unifié d’ici 2030. La déclaration fixe des objectifs communs en matière de connectivité, de compétences numériques et d’intelligence artificielle.
Selon le ministère des Postes et Télécommunications, la participation du Cameroun à ce dialogue ministériel témoigne de son engagement en faveur d’une transformation numérique inclusive et d’une coopération renforcée entre les pays africains. Le Cameroun, pays d’Afrique centrale et signataire de la déclaration, a également pris part aux échanges sur les priorités régionales communes.
Les discussions ont porté sur la nécessité de veiller à ce que le programme de transformation numérique de l’Afrique réponde aux besoins économiques et technologiques des pays d’Afrique centrale. Le sommet de Séoul a été organisé par le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le ministère de l’Économie et des Finances ainsi que le ministère des Sciences et des TIC de la Corée du Sud.
Elise Nguélé




