(BFI) – Le Cameroun et le Nigeria ont lancé un programme de coopération douanière de cinq jours visant à renforcer les efforts de lutte contre la contrebande transfrontalière, la criminalité financière et les pertes de recettes, tout en améliorant la gestion des frontières et la sécurité des échanges commerciaux entre les deux pays voisins. Le programme a débuté à Yaoundé le lundi 26 octobre, réunissant des responsables de la Direction générale des douanes du Cameroun et une délégation issue de l’école de formation des cadres des douanes nigérianes (Nigeria Customs Service Command and Staff College) basée à Gwagwalada.
Selon les douanes camerounaises, cette initiative porte sur le partage d’expériences opérationnelles en matière de surveillance douanière, d’inspection des marchandises, de renseignement financier, de gestion coordonnée des frontières et de collecte des recettes. La formation, qui se poursuivra jusqu’au 30 octobre, aborde également l’échange de données en temps réel entre les administrations douanières, ainsi que les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Ces activités s’inscrivent dans le cadre des opérations douanières liées à la circulation des marchandises, à la détection des échanges illicites, à la perception des droits à l’importation et à l’application des réglementations commerciales. La délégation nigériane est composée de 13 stagiaires et de quatre administrateurs, sous la conduite de Happiness Ebelle, contrôleuse adjointe au sein du service des douanes nigérianes. Ce programme fait partie d’un cycle d’études en Afrique (« Africa Study Tour »), une initiative incluant des activités de formation douanière au Cameroun, en Tunisie, au Lesotho et au Niger.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans les locaux annexes de la Direction générale des douanes camerounaises, à Tsinga (Yaoundé). Elle était présidée par le commandant Félix Ekolle, chef du Groupe spécial d’intervention douanière (GSID), au nom du Directeur général des douanes. S’adressant à la délégation, le commandant Ekolle a souligné l’importance de la coopération entre les administrations douanières du Cameroun et du Nigeria pour faire face à la criminalité transfrontalière organisée. « Cette visite constitue un pont majeur, tant sur le plan académique qu’opérationnel », a-t-il déclaré. Il a précisé que ces échanges permettraient aux responsables douaniers nigérians de se familiariser avec l’organisation et les procédures opérationnelles des douanes camerounaises, tout en renforçant la coopération contre la criminalité transnationale organisée.
Focus sur le suivi des marchandises, la sécurité des échanges et la collecte des recettes
Selon les douanes camerounaises, le programme de formation comprend des présentations techniques sur le contrôle des marchandises par scanner, le suivi des opérations douanières et le logiciel SPC++. Les participants étudieront également l’expérience du Cameroun avec l’opération HALCOMI, une initiative visant à lutter contre le commerce illicite, ainsi que la manière dont les services des douanes sont intégrés au dispositif national de défense et de sécurité. D’autres sessions porteront sur l’utilisation du renseignement financier pour détecter le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que sur les moyens d’améliorer le recouvrement des recettes douanières. Le programme aborde aussi la gestion coordonnée des frontières et le partage d’informations en temps réel, deux aspects liés aux contrôles douaniers sur les marchandises franchissant les frontières nationales.
Outre les séances en salle, la délégation visitera plusieurs institutions impliquées dans l’application de la réglementation douanière, les enquêtes financières, la formation à la sécurité et la logistique. Il s’agit notamment de la salle de surveillance de la Direction générale des douanes, de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et de la Division des enquêtes et de la surveillance douanière. Les responsables se rendront également au Centre de formation des douanes et à l’École internationale des forces de sécurité (EIFORCES) afin de découvrir les méthodes de formation et les pratiques opérationnelles. Le volet commercial du programme prévoit des visites auprès des entreprises de logistique Africa Global Logistics (AGL) et DHL.
Selon les Douanes camerounaises, ces visites permettront aux participants d’observer directement les opérations logistiques et la manutention des marchandises au sein des chaînes d’approvisionnement internationales. Le programme inclut par ailleurs une visite au Haut-commissariat du Nigeria à Yaoundé. Cet échange de cinq jours s’achèvera le vendredi 30 octobre par une séance de synthèse, au cours de laquelle les participants présenteront les enseignements tirés de leur formation et de leurs visites institutionnelles. D’autres activités sont prévues, notamment une excursion culturelle et un dîner de gala offert par le ministre camerounais des Finances.
Cet échange s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les deux administrations douanières pour renforcer leur coopération en matière de surveillance des frontières, de lutte contre le commerce illicite et de protection des recettes douanières.
Omer Kamga




