(BFI) – Le Cameroun accélère les préparatifs visant à garantir que ses exportations de cacao restent conformes aux exigences du marché de l’Union européenne. Cette initiative intervient en amont de l’entrée en vigueur, le 30 décembre 2026, du règlement européen sur la déforestation (RDUE) et englobe des actions portant sur la légalité, le devoir de vigilance, la production durable et le soutien aux producteurs.
Ces préparatifs ont été au cœur d’une réunion tenue le 22 septembre à Yaoundé entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et Christophe Van Orshoven, directeur des chaînes de valeur à l’Institut européen de la forêt (EFI), selon des informations publiées par le ministère du Commerce. La rencontre a porté sur les arguments défendus par le Cameroun auprès de l’UE concernant le règlement européen sur la déforestation (RDUE), ainsi que sur les mesures en cours pour adapter la chaîne de valeur du cacao camerounais aux nouvelles exigences du marché. Outre le cacao, le règlement de l’UE couvre également les bovins, le café, l’huile de palme, le caoutchouc, le soja et le bois.
En vertu de ces règles, les opérateurs mettant ces produits sur le marché de l’UE doivent démontrer qu’ils sont exempts de déforestation et produits conformément à la législation du pays de production. Selon la Commission européenne, le règlement s’appliquera aux grandes et moyennes entreprises à partir du 30 décembre 2026, tandis que la plupart des micro et petites entreprises disposeront d’un délai supplémentaire jusqu’au 30 juin 2027.
Le ministère a indiqué que le Cameroun et l’EFI collaborent depuis près de cinq ans sur les questions de durabilité. Cette coopération inclut un soutien à la mise en conformité avec le RDUE, le développement d’une filière cacao durable et sans déforestation, l’agroforesterie, l’aménagement du territoire et la préservation de la biodiversité. Elle a également permis d’élaborer et de finaliser un manuel de diligence raisonnable sur la légalité du cacao, destiné à aider les acteurs de la chaîne de valeur à comprendre et à mettre en œuvre les exigences de conformité.
Luc Magloire Mbarga Atangana a souligné que le travail accompli avec les producteurs et les coopératives avait contribué à préparer le Cameroun à l’échéance de décembre, affirmant que le pays était prêt pour l’application du règlement. Ces efforts de mise en conformité interviennent alors que les volumes et la valeur des exportations de cacao ont reculé par rapport aux niveaux enregistrés pour la campagne 2024/2025. Le Cameroun a exporté 125 469 tonnes de fèves de cacao au cours de la campagne 2025/2026, soit une baisse de 34,7 % par rapport aux 192 012 tonnes de l’année précédente, selon les chiffres de l’Office national du cacao et du café (ONCC) rapportés par Business & Finance International.
La valeur des fèves de cacao expédiées via le port de Douala a également chuté, passant de 1 070 milliards de Fcfa lors de la campagne précédente à 400,9 milliards de Fcfa. Par ailleurs, l’ONCC renforce les contrôles de qualité à l’exportation pour répondre aux exigences internationales en matière de qualité, de traçabilité et de durabilité. En juin, l’organisme a organisé un programme de remise à niveau destiné aux entreprises chargées du contrôle qualité des exportations de cacao et de café, avec le soutien de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
Omer Kamga




