(BFI) – La SCDP, société nationale camerounaise de stockage de produits pétroliers, affirme avoir réduit de plus de moitié ses pertes de produits pétroliers au cours des cinq premiers mois de 2026. Toutefois, l’absence de données opérationnelles clés ne permet pas d’évaluer précisément l’ampleur de cette amélioration.
Selon la société, les pertes moyennes pour l’ensemble des produits pétroliers sont passées de près de 3 000 mètres cubes entre janvier et mai 2025 à moins de 1 500 mètres cubes sur la même période cette année, soit une baisse d’au moins 50 % en volume. Ces chiffres ont été présentés le 2 juillet à Douala lors de la réunion ordinaire « Pertes et Mesures » de la société, qui rassemble SCDP et les distributeurs de produits pétroliers.
Présidée par le directeur général adjoint, Gabriel Eteki Ebokolo, la réunion a porté sur les écarts d’inventaire et la performance des systèmes de stockage et de mesure.
Diminution des pertes, mais absence de taux de perte
SCDP n’a pas divulgué le volume total de produits pétroliers reçus, stockés et livrés au cours des deux périodes, ni publié le taux de perte correspondant. Par conséquent, il est impossible de déterminer si l’efficacité opérationnelle s’est améliorée dans les mêmes proportions que la baisse des pertes absolues. La réduction des pertes de 3 000 à moins de 1 500 mètres cubes représente une amélioration significative. Toutefois, ce résultat doit être analysé en tenant compte des variations du volume de produits traités.
Si le débit a augmenté en 2026, les gains opérationnels seraient supérieurs à ce que suggèrent les chiffres bruts. Inversement, une baisse d’activité pourrait expliquer en partie la diminution observée. L’entreprise n’a par ailleurs fourni aucune ventilation par dépôt de stockage ni par type de produit. Les données disponibles ne permettent donc pas d’identifier les installations ayant enregistré les plus fortes améliorations ni de déterminer si les pertes concernaient de l’essence, du gazole, du kérosène ou du carburant aviation.
SCDP attribue la baisse des pertes à la modernisation de ses équipements
Gabriel Eteki Ebokolo a attribué cette baisse aux investissements réalisés dans les infrastructures de stockage et de mesure, ainsi qu’aux engagements pris conjointement par SCDP et les distributeurs de carburant. Il a décrit cette initiative comme un processus continu que l’entreprise entend renforcer et a souligné la qualité de sa coopération avec les distributeurs.
SCDP n’a toutefois pas précisé la nature des équipements installés, le montant des investissements ni les dépôts modernisés. Ces informations permettraient d’évaluer le coût des améliorations et leur contribution à la réduction des pertes de stock. Pour SCDP, chaque mètre cube économisé contribue à réduire les pertes financières liées aux opérations de stockage et de manutention. Les distributeurs de carburant peuvent également en bénéficier grâce à la réduction des pertes sur les volumes qu’ils reçoivent et livrent.
L’impact financier dépend cependant de la répartition des pertes entre SCDP et les distributeurs, conformément à leurs accords contractuels. La réduction des pertes pourrait également accroître le volume de produits pétroliers finalement vendus et soumis aux taxes sur les carburants. SCDP n’a pas estimé la valeur des produits ainsi préservés ni l’augmentation potentielle des recettes fiscales.
Le bénéfice net a progressé de 44 % en 2025
Cette amélioration opérationnelle fait suite à de solides résultats financiers en 2025. Selon les états financiers de SCDP, le chiffre d’affaires a augmenté de 8,1 % pour atteindre 29,02 milliards de Fcfa, contre 26,85 milliards de Fcfa en 2024. Le bénéfice net a quant à lui progressé de 44 % pour s’établir à 3,11 milliards de Fcfa, contre 2,16 milliards de Fcfa. Toutefois, aucune information publiée par l’entreprise n’établit de lien direct entre ses performances financières de 2025 et la réduction des pertes de produits enregistrée au cours des cinq premiers mois de 2026.
Afin de mieux refléter ses progrès, SCDP devra publier des indicateurs de performance supplémentaires, notamment les volumes totaux de produits traités, les taux de pertes, les données par dépôt et par produit, la valeur financière des pertes évitées et une comparaison de ses performances avec les normes du secteur.
Bouba Yankréo



