AccueilSecteursEconomieLe Cameroun se mobilise pour réduire un déficit de plus de 200...

Le Cameroun se mobilise pour réduire un déficit de plus de 200 000 poches de sang

-

L’initiative s’inscrit dans le thème mondial retenu cette année : « Une goutte d’humanité. Donnez votre sang. Sauvez des vies ». Derrière cette formule, les autorités sanitaires veulent rappeler une urgence très concrète. Chaque jour, les hôpitaux ont besoin de produits sanguins pour prendre en charge les victimes d’accidents de la circulation, les femmes confrontées à des complications à l’accouchement, les enfants souffrant d’anémies sévères, les patients atteints de paludisme grave ou encore les malades devant subir une intervention chirurgicale.

Le défi reste considérable. Le Cameroun a besoin d’environ 400 000 poches de sang par an pour couvrir la demande nationale. En 2025, le Centre national de transfusion sanguine a collecté 186 500 poches, contre 147 034 en 2022. La couverture transfusionnelle nationale est ainsi passée de 37 % à 47 % en trois ans. Malgré cette progression, le déficit reste supérieur à 200 000 poches par an.

Les disparités territoriales accentuent cette fragilité. Selon les données présentées par le CNTS, les régions du Centre, du Littoral et de l’Est atteignent environ 60 % de couverture, tandis que le Sud, le Nord et l’Extrême-Nord restent en dessous de 30 %. Ces écarts exposent certains hôpitaux à des ruptures de stock plus fréquentes, notamment dans les zones où les campagnes de collecte sont moins régulières ou plus difficiles à organiser.

Pour les spécialistes de la transfusion sanguine, la priorité n’est pas seulement d’augmenter le nombre de dons, mais de développer une culture du don volontaire, régulier et non rémunéré. Ce modèle est considéré comme le plus sûr pour garantir un approvisionnement stable et sécurisé en sang et produits sanguins. Il permet aussi de réduire la dépendance aux dons de compensation, souvent sollicités en urgence auprès des familles de patients.

La question de la sécurité transfusionnelle demeure également centrale. Le CNTS indique que le taux de poches présentant des facteurs de risque infectieux est passé de 9 % en 2024 à 8,1 % en 2025. Cette amélioration repose notamment sur le contrôle qualité, la qualification biologique des dons, la formation du personnel et l’harmonisation des procédures dans les banques de sang.

La campagne menée à Yaoundé avec l’appui de l’ambassade des États-Unis s’inscrit aussi dans un cadre plus large de coopération sanitaire entre les deux pays. En décembre 2025, le Cameroun et les États-Unis ont signé un protocole d’accord bilatéral couvrant notamment le VIH, le paludisme, la tuberculose et la sécurité sanitaire mondiale.

À quelques jours de la Journée mondiale du donneur de sang, l’enjeu est donc de transformer la sensibilisation en geste concret. Pour le système de santé camerounais, chaque poche collectée réduit un déficit encore important. Pour les patients, elle peut faire la différence entre une urgence médicale maîtrisée et une vie perdue faute de sang disponible.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici