(BFI) – Le Port autonome de Douala (PAD) va engager un projet d’un montant de 126,3 milliards de Fcfa en vue de remettre en service un terminal tombé en désuétude. Un accord de partenariat Public-Privé (PPP) signé le 10 avril 2026 avec l’entreprise Douala Terre-Port, confie à ce partenaire privée le financement intégral de l’opération, dans le cadre d’une cadre d’une durée de 30 ans, selon les informations communiquées par l’autorité portuaire.
Concrètement cet investissement porte sur la réhabilitation complète du quai Boscam, situé sur la rive gauche du fleuve Wouri. Le projet prévoit l’aménagement d’une plateforme logistique de 20 hectares, ainsi que la possibilité de construire un quai additionnel de 700 mètres. D’après le PAD, l’infrastructure pourrait générer environ 500 emplois directs et indirects, avec un taux de rendement prévisionnel de 12,20% sur la durée de la concession. « Le quai Boscam est l’un des plus anciens quais du Port de Douala Bonabéri. Il était pratiquement hors service. Nous avons donc décidé de le reconstruire entièrement pour en faire un terminal moderne, dédié principalement au commerce avec les pays de la sous-région, notamment le Nigeria et ceux de la zone Cemac. L’objectif est de fluidifier les échanges, d’offrir des infrastructures de qualité aux opérateurs économiques et de renforcer la position du Port de Douala en tant que principal hub logistique de la sous – région », a déclaré le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o.
Historiquement dédié aux échanges sous régionaux, le site de Boscam avait progressivement perdu son attractivité à partir des années 1990, en raison des contraintes physiques, notamment l’ensablement du plan d’eau et l’encombrement du site par les épaves. Ces dernières années, des opérations de dégagements ont été menées afin de restaurer l’accès nautique selon les données de l’autorité portuaire. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation et de spécialisation des infrastructures portuaires. « Nous avons engagés depuis plusieurs années, un processus de spécialisation des terminaux et de réhabilitation des installations fortement dégradées. Cette opération s’inscrit dans la mise en œuvre du schéma directeur de développement du Port de Douala-Bonabéri, qui prévoit une transformation progressive de l’ensemble des infrastructures, du dragage à la gestion des terminaux » précise le PAD.
Au-delà des aménagements physiques, le PAD prévoit également l’introduction des procédures simplifiées pour le traitement des marchandises et des escales. L’objectif est de réduire les délais de passage portuaire et les coûts logistiques. A terme, l’enjeu, selon les sources internes, est de capter une part plus importante des échanges dans la Cemac. Cet enjeu est d’autant plus stratégique que les échanges sous régionaux évoluent dans un environnement de recomposition des corridors logistiques. Des pays enclavés comme le Tchad et la Centrafrique, fortement dépendant du Port de Douala, diversifient progressivement leurs options en matière de transit des marchandises. Cette réorientation se traduit notamment par un recours annoncé à d’autres infrastructures portuaires de la sous-région, à l’instar du Port de Pointe-Noire au Benin et celui de Bata en Guinée Equatoriale.
Dans ce contexte, la relance du terminal Boscam apparaît comme un levier pour le PAD afin de préserver ses parts de marché sur les flux sous régionaux et de consolider son positionnement dans la desserte des pays de l’hinterland.




