(BFI) – Le Cameroun a établi un ensemble d’exigences financières et environnementales que les sociétés minières chinoises doivent respecter avant que l’extraction d’or, suspendue dans la région de l’Est, puisse reprendre. Ces conditions ont été officialisées lors d’une réunion de haut niveau, le 10 avril à Yaoundé, entre le ministre intérimaire des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le professeur Fuh Calistus Gentry, et Li Jiang Hua, conseiller politique de l’ambassade de Chine au Cameroun.
Ces discussions faisaient suite à une réunion de sensibilisation organisée précédemment avec des représentants de l’ambassade de Chine et des dirigeants de plusieurs sociétés aurifères chinoises opérant dans la région de l’Est, après une vague de fermetures de sites visant des opérateurs reconnus coupables d’infractions au Code minier camerounais. Pour que leur suspension soit levée, les sociétés doivent satisfaire à trois conditions contraignantes : verser une caution environnementale de 63 millions de Fcfa, calculée à raison de 3 millions de Fcfa par hectare ; déclarer une production mensuelle minimale d’or de cinq kilogrammes par unité de production (cinq bassins) ; et achever la transition vers un système de traitement en circuit fermé dans un délai de six mois.
L’exigence de caution environnementale constitue à elle seule un obstacle financier important. Pour les exploitations s’étendant sur plusieurs hectares, les coûts de mise en conformité s’accumulent rapidement, excluant de fait les opérateurs sous-capitalisés et informels du processus de réintégration. Lors de la réunion, Li Jiang Hua a réaffirmé que les entreprises chinoises opérant au Cameroun doivent se conformer pleinement à la réglementation minière locale. La Chine a également réaffirmé son soutien aux efforts plus larges du Cameroun visant à restructurer et à formaliser le secteur minier artisanal semi-mécanisé, un secteur dont le caractère informel a longtemps nui à la collecte des recettes de l’État et au contrôle environnemental.
Le professeur Fuh a clairement indiqué que la fermeture des sites miniers illégaux dans la région de l’Est ne vise pas exclusivement les exploitations appartenant à des intérêts chinois, soulignant que tous les opérateurs, quelle que soit leur nationalité, sont soumis au même cadre juridique. Le ministre a néanmoins reconnu le statut de partenaire stratégique de la Chine, tout en posant une limite claire : les relations économiques bilatérales doivent reposer sur le plein respect du droit camerounais pour rester mutuellement bénéfiques.
Les deux parties ont convenu que la formalisation du secteur sert les intérêts de toutes les parties prenantes – l’État, les investisseurs et les communautés locales – en créant un environnement d’exploitation plus transparent, responsable et respectueux de l’environnement. Le professeur Fuh a également accordé aux autorités chinoises un délai supplémentaire d’une semaine pour intensifier leurs efforts de sensibilisation auprès de leurs ressortissants impliqués dans des activités minières illégales dans la région.
La région de l’Est recèle d’importants gisements d’or alluvionnaire et attire depuis des années des exploitants agréés et des mineurs informels, dont un nombre considérable de ressortissants chinois. Une régularisation complète permettrait à l’État de recouvrer les recettes des obligations environnementales, les redevances de production et les recettes fiscales actuellement perdues au profit des opérations illégales.
Omer Kamga




