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3,8 milliards de Fcfa pour réhabiliter les pistes rurales de la région de l’Adamaoua

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Rapporté au linéaire attribué, l’investissement moyen ressort à environ 27,7 millions de FCFA par kilomètre. Ce ratio reste théorique : la nature géotechnique des tronçons, le nombre de franchissements et les mesures antiérosives requises modifient sensiblement le coût réel de chaque marché. Placé sous la maîtrise d’ouvrage du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), le programme cible prioritairement les petits exploitants, les femmes et les jeunes producteurs.

La commune de Mbé, dans le département de la Vina, capte l’essentiel de l’enveloppe. Elle concentre 87,3 kilomètres de linéaire et 2,395 milliards de FCFA de contrats, soit près de 64 % du montant total. Trois marchés y ont été notifiés. Ets Groupe FX récupère 1 milliard de FCFA pour l’axe Mbé–Sassa Mbarsi, long de 42,3 km. Engineering Company Ltd hérite d’une enveloppe équivalente pour les 27 km reliant Sassa Mbarsi à Loumounang. Le groupement Sonogeb/Alpha Abdoul complète le dispositif avec 395 millions de FCFA sur les 18 km de la route Tchabal Falensa–Lawan.

À Bélel, également dans la Vina, l’entreprise Afric Contractor a décroché 638 millions de FCFA pour 25 kilomètres desservant les localités de Bel-Kitani, Roumedjaoro et Djokodji-Gasol-Bakari Bata. Deux autres marchés couvrent la commune de Ngaoundéré III. Socat Sarl y interviendra sur 9 km entre Tchabal et Ngaoundéré pour 260 millions de FCFA, tandis que Sotraric Sarl mobilisera 478 millions de FCFA sur les 15 km reliant Bini-Ndougi à Hangloa. La répartition traduit un maillage volontariste des bassins de production, dans une région où la mobilité conditionne directement l’écoulement des filières bovine, céréalière et maraîchère.

Un financement allemand de 21 millions d’euros

Le PDR-NA-IR poursuit un objectif ambitieux : la réhabilitation de 1 044 km de routes communales au total dans le Nord et l’Adamaoua. Les 136,3 km attribués ne représentent donc que 13 % de la cible physique globale, alors qu’ils mobilisent déjà près du quart de l’enveloppe budgétaire annoncée. Cette apparente distorsion s’explique par le périmètre technique du programme, qui ne se limite pas au revêtement mais intègre les ouvrages de franchissement, les protections antiérosives et diverses mesures d’accompagnement.

Le montage financier repose principalement sur la coopération allemande. La KfW mobilise 21 millions d’euros, soit environ 13,78 milliards de FCFA, complétés par une contribution camerounaise de 2 millions d’euros. L’ensemble atteint 23 millions d’euros, l’équivalent de 15,09 milliards de FCFA. L’Agence de régulation des marchés publics (ARMP) a confirmé cette architecture, ainsi que le rattachement du programme au portefeuille du Minader. Pour Berlin, l’appui aux infrastructures rurales camerounaises s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des chaînes de valeur agricoles en Afrique centrale.

Une échéance à recalibrer

Le calendrier initial du projet, fixé du 1er août 2021 au 1er août 2026 selon une fiche du Minader, se heurte désormais à la réalité des attributions. Des marchés dotés d’un délai d’exécution de quinze mois impliquent mécaniquement des livraisons pouvant courir jusqu’en 2027, en fonction de la date des ordres de service. Une prorogation formelle du programme, ou un nouveau calendrier consolidé, devient donc nécessaire pour aligner l’ambition affichée sur la trajectoire opérationnelle.

Reste une inconnue de taille : le linéaire déjà réhabilité au titre des tranches antérieures. La coordination du PDR-NA-IR n’a pas rendu public de bilan intermédiaire consolidé, ce qui limite l’appréciation du taux d’exécution physique par rapport à l’objectif de 1 044 km. La praticabilité durable des axes livrés dépendra également des dispositifs d’entretien communal, souvent talon d’Achille des programmes de désenclavement rural au Cameroun.

Omer Kamga

Rédaction
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