Une unité de transformation pilote du rutile en gestation au Cameroun

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(BFI) – Le groupe industriel et minier français Eramet, détenteur depuis 2019 de permis d’exploration sur le rutile au Cameroun, a entamé la 2e phase de ses travaux d’exploration sur le bloc rutilifère d’Akonolinga, dans la région du Centre du pays. C’est le constat qu’a fait le 7 janvier 2021 Fuh Calistus Gentry, le secrétaire d’État auprès du ministre des Mines, au cours d’une descente sur le site.

Fuh Calistus Gentry était accompagné de quelques responsables de l’entreprise française Erramet, détentrice, depuis 2019, de cinq permis d’exploration. Ce projet lancé en 2019 en est à sa deuxième phase. La première phase a consisté, d’après des responsables, à réaliser 300 sondages, qui ont permis de définir la zone rutilifère, la réalisation des études environnementales et sociétales. Et elle a été plutôt concluante, si l’on s’en tient aux avis des différents acteurs, notamment au sujet de la réalisation des sondages.

La deuxième quant à elle a été lancée en septembre dernier. « La machine que vous voyez derrière moi a permis de cibler des zones d’intérêt. Nous sommes ici aux alentours du fleuve Nyong et c’est dans ces zones-là que nous recherchons actuellement les zones d’intérêt pour ce minerai titanifère », a expliqué Philippe Gundermann, responsable du projet. Et c’est justement dans la localité de Medoumou, à 45 minutes de la ville d’Akonolinga, qu’une opération se déroule actuellement. « Nous prélevons des échantillons dans le sous-sol sur une profondeur d’environ 4 à 6 m pour regarder à partir de quelle profondeur commence à apparaître le rutile qui est toujours en teneur très faible. On parle de 1% de rutile dans le sous-sol », poursuit-il.

Cette phase 2 qui est censée durer un an comporte aussi une étape importante qui est d’essayer la séparation entre le rutile et les autres éléments minéraux. Ce n’est qu’après cette étape qui devra aussi révéler le potentiel économique du rutile d’Akonolinga que le projet va passer à sa phase 3 qui va consister en l’exploitation industrielle de ce sable minéralisé servant à la production de pigments et à la fabrication de peintures ainsi que des cockpits d’avion à travers le titane qu’il contient.

Le secrétaire d’État s’est dit satisfait de ce qu’il a vu. Surtout que l’entreprise semble respecter les délais et les clauses. « Nous sommes très satisfaits que le cahier de charges soit bien respecté. L’aspect très intéressant de cette deuxième phase c’est une unité de transformation pilote qui va donner les indications sur comment le minerai va être exploité. Les teneurs préliminaires sont encourageantes et nous sommes sûrs que l’ancien gisement n’est pas seulement confirmé, mais qu’il y a des réserves qui vont s’ajouter à ces gisements », a souligné Fuh Calistus Gentry. A ce jour, le gisement de rutile du Cameroun estimé à près de trois millions de tonnes. Ce qui fait du pays le deuxième réservoir mondial de rutile, dont 500 000 tonnes localisées à Akonolinga. L’entreprise à fait la promesse aux populations que « ce serpent de mer sera transformé en valeur de la terre. »

Un tel scénario dopera la contribution du secteur de la mine solide au PIB du pays. Cette contribution est actuellement estimée à moins de 1% par les officiels Camerounais.

Rémy Ngassana

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