(BFI) – La Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, a lancé la première promotion camerounaise de son Initiative des champions locaux. Ce programme vise à aider les entreprises locales à fort potentiel à renforcer leurs opérations et à améliorer leur accès au financement.
Sept entreprises ont été sélectionnées pour cette première promotion : Agro World Group, Green House Ventures, Camlait, UCCAO, Infotech SA, TAF Investment Group et CATRAMP. Elles opèrent dans des secteurs variés, allant de l’agriculture et de l’agroalimentaire à l’énergie, aux infrastructures, à la logistique et aux services. Cette sélection témoigne de l’importance que la SFI accorde aux industries jugées essentielles à la transformation économique du Cameroun et à son intégration plus poussée dans les chaînes de valeur régionales.
Au cours des douze prochains mois, les entreprises participantes bénéficieront d’un soutien technique visant à améliorer leurs pratiques de gestion, leur organisation interne, leur gouvernance d’entreprise et leur préparation à l’investissement. L’objectif est non seulement de renforcer leur compétitivité, mais aussi de les aider à répondre aux exigences des banques, des investisseurs institutionnels et des partenaires financiers internationaux.
Ce programme intervient alors que de nombreuses entreprises camerounaises, y compris celles présentant de fortes perspectives de croissance, continuent de se heurter à des obstacles tels qu’un accès limité au financement à long terme, une faible capitalisation, des lacunes en matière de gouvernance, des difficultés à développer leurs activités et des projets d’expansion insuffisamment structurés.
Selon la SFI, l’Initiative des Champions locaux a été conçue pour relever ces défis grâce à un accompagnement stratégique, une expertise technique et l’accès à son vaste réseau d’investissement. Tout financement futur dépendra de la maturité des projets des entreprises, de la qualité de leurs plans de croissance et de leur capacité à satisfaire aux exigences du programme.
Lors de la signature des lettres d’engagement, Charlotte Ndaw Sako, représentante régionale de la SFI pour l’Afrique centrale, a déclaré que le programme vise à aider les entreprises prometteuses à franchir une nouvelle étape de leur développement. « Notre ambition est d’aider les entreprises prometteuses à atteindre une nouvelle phase de croissance et à devenir les champions nationaux et régionaux de demain », a-t-elle affirmé.
La SFI prévoit de soutenir entre 15 et 20 entreprises au Cameroun au cours des trois prochaines années. Pour Boris Kamgo Youdom, directeur général d’Agro World Group, cette initiative représente une opportunité de consolider les fondements de l’entreprise. « Ce soutien constitue une occasion importante d’améliorer notre organisation, d’accélérer notre croissance et de mieux nous préparer aux futures opportunités d’investissement », a-t-il déclaré.
Au-delà des sept entreprises sélectionnées, l’objectif plus large de la SFI est de constituer un vivier d’entreprises camerounaises capables d’absorber des capitaux plus importants et de se développer sur les marchés régionaux. L’institution a déjà fait part de son intention de porter ses engagements au Cameroun à plus de 300 milliards de Fcfa d’ici 2027, sous réserve de l’émergence d’opportunités d’investissement suffisantes. L’agriculture, l’agroalimentaire, la logistique, les infrastructures, l’énergie et les services devraient jouer un rôle central dans cette stratégie. La croissance de ces secteurs pourrait contribuer à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la sécurité alimentaire, à améliorer la compétitivité des chaînes de valeur locales et à créer davantage d’emplois qualifiés.
Le succès du programme dépendra en fin de compte non seulement du nombre d’entreprises soutenues ou du financement obtenu, mais aussi de la capacité des entreprises participantes à améliorer leur gouvernance, à développer des projets bancables, à créer des emplois et à devenir de plus grands moteurs de la croissance du secteur privé au Cameroun.
Omer Kamga




