Publication des comptes : le standard international est à la peine sur la BRVM

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(BFI) – La norme internationale de présentation des résultats qui s’imposent aux sociétés cotées de l’espace OHADA peine à se faire appliquer sur la BRVM. Une majorité de sociétés cotées font le service minimum d’information, ce qui n’est pas de nature à motiver les investisseurs.

Le respect des normes de l’International Financial Reporting Standard (IFRS), la norme internationale de publication des résultats de sociétés cotées peine à se généraliser sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières d’Abidjan.

Pour le compte de l’exercice 2019, seules 7 entreprises, notamment Ecobank Transnational Incorporated, Boloré Africa Logistics CI, Bernabe CI, ONATEL, SONATEL, SODECI et enfin Oragroup ont parfaitement respecté la règle, en publiant des comptes financiers complètement conformes à la nouvelle règle.

Sur le premier semestre 2020, seulement deux entreprises (Oragroup et ETI) se sont de nouveau conformées complètement à la règle. Trois autres (Bernabe CI, NSIA Bank CI, et Alios Côte d’Ivoire) n’ont effectué qu’une publication limitée de leurs résultats intérimaires sous la norme IFRS. Pareillement, 24 entreprises ont pour le compte de l’exercice 2019 publié leurs résultats financiers, en respectant partiellement la norme IFRS. Dans ces cas, elles ont simplement respecté la nomenclature de présentation des comptes (Bilan, Résultat, et Trésorerie), mais n’ont pas effectué de commentaires ou d’éclairages comme le veut la pratique avec cette règle.

Pour le reste, on retrouve encore 9 sociétés de la BRVM qui n’ont pas présenté leurs performances de l’année 2019 sous la norme IFRS. Pour les résultats disponibles du 1er semestre 2020, près de 28 entreprises de ce marché financier ont présenté soit des données sommaires de leurs performances, soit des informations détaillées, mais sous la forme du SYSCOHADA.

C’est par une décision rendue début 2017, que le conseil des ministres des pays membres de l’OHADA avait décidé d’imposer aux entreprises cotées sur leurs marchés financier de publier leurs résultats sous la norme IFRS, en plus de la forme SYSCOHADA.

Le délai pour s’y conformer était le 1er janvier 2018. La norme IFRS est considérée comme un standard qui permet une analyse optimale des opportunités et des risques que représentent les sociétés. Elle permet par exemple au-delà du compte de résultat, de lire ce que l’entreprise réalise concrètement comme valeur ajoutée pour les actionnaires.

Mais son utilisation requiert une certaine adaptation, car la présentation des opérations d’entreprise diffère largement de celle prévue par le plan comptable OHADA. Cela peut aussi demander aux entreprises d’effectuer de nouvelles dépenses pour s’adapter à une règle qui n’est pas exigée par les entités administratives qui collaborent avec elles.

De manière globale, la communication des sociétés cotées reste assez limitée sur la BRVM. Les investisseurs doivent se contenter des indications relativement minimes et qui surviennent au moment de la publication des résultats. 

La norme IFRS est pourtant courante sur plusieurs marchés financiers d’Afrique. Par exemple en Tunisie, au Nigéria et même au Ghana, les sociétés cotées, donnent suffisamment d’informations aux investisseurs lors de la publication de leurs performances financières tout au long de chaque année.

Agence Ecofin

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