Pour le FMI, les banques locales doivent réduire les financements accordés aux Etats de la zone Cemac

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(BFI) – Pour se relever de la pandémie de coronavirus dont les effets se font encore ressentir, les gouvernements du monde ont besoin de liquidité. Avec un accès difficile aux marchés internationaux des capitaux, les systèmes bancaires locaux sont une solide alternative en Afrique.

Suite à des travaux avec les autorités de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), le Fonds monétaire international (FMI) recommande au régulateur du secteur bancaire de veiller à ce que les banques commerciales locales modèrent sur les crédits accordés aux pays membres de l’organisation.

« Les administrateurs [du FMI, Ndlr] ont exhorté la COBAC [Commission bancaire de l’Afrique centrale, Ndlr] à accélérer la mise en œuvre de son plan visant à aller vers une supervision fondée sur les risques. Ils ont souligné la nécessité […] de poursuivre les efforts visant à limiter une nouvelle augmentation de l’exposition des banques au gouvernement », peut-on lire dans une note consultée par l’Agence Ecofin.

L’institution multilatérale de surveillance financière dans le monde recommande que soient mises en place des procédures qui pousseront les banques à limiter les financements accordés aux gouvernements de la zone CEMAC. 

Le FMI explique sa position par le fait que le respect des normes prudentielles par les banques reste faible et que la résolution des problèmes des banques en difficulté a été lente. Il est question de réduire les créances douteuses qui sont actuellement jugées élevées dans le secteur bancaire.

Mais cette approche se heurte à deux points. Le premier c’est que dans la définition des créances douteuses ou en souffrance en zone CEMAC, les banques ne sont pas contraintes de provisionner les dettes accordées aux administrations centrales des pays.

Par ailleurs, une analyse des chiffres du marché bancaire au Cameroun, à fin septembre 2020, montre que la clientèle qui expose plus les banques aux créances douteuses est constituée des entreprises privées qui pour les plus dynamiques, sont des filiales des groupes étrangers.

Cette recommandation du FMI survient alors que comme dans beaucoup de régions et pays dans le monde, la CEMAC doit faire face aux difficultés économiques imposées par la pandémie de coronavirus. Le soutien des partenaires internationaux, bien que nécessaire, n’a pas suffi à satisfaire tous les besoins requis pour une réponse et une relance efficaces.

Dans le même temps, l’accès marchés internationaux de capitaux demeure contraignant pour les pays de la sous-région qui ne sont pas les mieux présentés par les grandes agences de notation.

La recommandation du FMI est aussi de nature à saper les orientations budgétaires d’un pays comme le Gabon qui en 2021, a prévu de réduire son recours aux marchés internationaux de capitaux, et de se focaliser sur les marchés financiers locaux pour financer son déficit budgétaire.

L’autre option viable serait de renforcer les mobilisations des ressources fiscales. Mais les réformes dans ce domaine sont délicates et contreproductives, si elles sont mal menées.

La pandémie a trouvé une économie régionale déjà en difficulté, en raison de la baisse des prix du pétrole, son principal produit d’exportation. On s’attend à ce que le déficit budgétaire se soit détérioré.

Mais au-delà des défis liés à la gouvernance dans ses pays membres, la CEMAC terminera l’année sur un ratio de dette/PIB de 57%. On est loin du critère de convergence régional de 70% et des ratios de plus de 100% de dette sur PIB dans plusieurs économies développées du monde, qui pourtant peuvent emprunter à des taux bas, voire négatifs.

Avec Ecofin

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