(BFI) – Dans une correspondance datée du 18 mai 2026, le directeur général des douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a demandé à MTN Cameroun, Orange Cameroun et Camtel de bloquer, à compter du 25 mai 2026, les téléphones portables et autres terminaux numériques non dédouanés.
La mesure vise uniquement les terminaux non dédouanés connectés pour la première fois au réseau local depuis le 1er avril 2026, date d’entrée en vigueur du nouveau dispositif de perception des droits de douane sur ces équipements numériques. Dans sa correspondance, le directeur général des douanes rappelle que toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané est susceptible d’engager la responsabilité de l’opérateur concerné.
Cette instruction intervient un mois après la mise en garde adressée par le ministre des Finances aux importateurs soupçonnés de contourner le nouveau dispositif douanier. Dans un communiqué signé le 27 avril 2026, Louis Paul Motazé indiquait qu’entre le 1er et le 25 avril, quelque 700 000 téléphones s’étaient connectés pour la première fois au réseau local sans avoir été dédouanés. Selon une source à la direction générale des douanes, le volume réel serait même supérieur à ce chiffre.
Dans ce communiqué, le ministre des Finances expliquait que les autorités avaient, dans un premier temps, renoncé au blocage systématique afin de privilégier la sensibilisation. Les importateurs et détenteurs de terminaux concernés étaient invités à régulariser leur situation sans pénalité avant le 30 avril 2026, délai au-delà duquel les appareils introduits irrégulièrement devaient être bloqués.
À travers ce dispositif, l’État cherche à reprendre le contrôle d’un segment fiscal largement fragilisé par l’essor de la contrebande. L’objectif est de relever les recettes douanières sur les téléphones portables et autres terminaux numériques, alors que l’entrée croissante de ces équipements sur le marché ne s’est plus traduite, depuis des années, par une hausse correspondante des encaissements.
Selon les données officielles, les recettes douanières tirées de ces équipements sont passées de 2 milliards de FCFA par mois dans les années 2000 à environ 100 millions FCFA aujourd’hui, alors même que le volume de téléphones et de terminaux numériques entrant sur le marché camerounais a continué d’augmenter. Avec la réforme en cours, la direction générale des douanes ambitionne de porter ces recettes à au moins 25 milliards FCFA par an.




