L’usine Cicam de Garoua reprend du service après plus de 4 mois de fermeture

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(BFI) – Au chômage depuis le 18 octobre 2020, les 350 employés de l’usine de la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) à Garoua, dans la partie septentrionale du pays, ont repris du service le 2 février 2021. À l’origine de cette reprise des activités suspendues depuis plus de quatre mois, apprend-on de bonnes sources, se trouve une instruction de la présidence de la République, qui a ordonné à la direction générale de la Sodecoton de reprendre les approvisionnements de cette usine en matière première.

De sources proches du dossier, au total, la Sodecoton devra livrer à l’usine de la Cicam de Garoua une cargaison de 75 tonnes de coton. Ce volume de matière première, soutient-on à la Cicam, permettra de faire tourner les machines de l’usine pendant au moins deux mois.

Pour rappel, l’entreprise cotonnière nationale avait dû suspendre ses approvisionnements à la suite de l’accumulation des impayés par la Cicam. Estimés à 600 millions de FCFA en début d’année 2020, ces impayés culminaient à 1,3 milliard de FCFA au moment de la suspension des approvisionnements en octobre 2020 (un paiement partiel de 200 millions de FCFA a été effectué dans l’intervalle, NDLR).

Cette reprise des activités permettra à la Cicam de profiter de sa haute saison de production du pagne, avec notamment la célébration de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, et la fête internationale du travail, le 1er mai. « Nous avons besoin de quatre millions et demi de mètres linéaires de pagne pour le 8 mars. En ce moment, nous n’en disposons que de deux millions. Nous faisons principalement notre chiffre d’affaires sur le 8 mars et le 1er mai. En 2020 déjà, l’année avait été difficile à cause des mêmes soucis avec la Sodecoton. La Covid-19 est aussi venue s’ajouter », explique Adoum Abagana, le directeur de l’usine Cicam de Garoua.

Au demeurant, si la Cicam entend sauver son chiffre d’affaires en 2021 grâce à la réouverture de cette usine, des interrogations subsistent sur les modalités d’apurement des impayés de cette entreprise publique auprès de la Sodecoton, ainsi que le paiement des nouvelles factures. En effet, en difficulté depuis plusieurs années, du fait de la concurrence des tissus chinois et ouest-africain, qui dominent plus de 90% du marché local, cette société d’État fait face à d’importantes contraintes financières.

De plus, souligne le rapport 2019 de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), l’outil de production de la Cicam s’est fortement déprécié avec le temps, et l’absence d’un plan de renouvellement progressif a conduit l’entreprise à supporter de lourdes charges de maintenance et d’importants coûts liés à sa faible activité.

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