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L’Imprimerie nationale du Cameroun annule, sans motif détaillé, un marché de 230 millions de Fcfa pour la remise en état de ses équipements de production

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La décision invoque uniquement l’article 92 du règlement intérieur de l’institution relatif aux marchés publics. Elle ne fournit aucune raison précise pour justifier l’arrêt de la procédure. Elle ne précise pas non plus si les offres ont été ouvertes, si un nouvel appel d’offres sera lancé ou comment l’enveloppe de 230 millions de FCFA sera désormais utilisée. L’annulation en elle-même ne signifie donc pas que les fonds correspondants ont été retirés.

La procédure de passation du marché avait déjà subi deux reports. La date de dépôt et d’ouverture des offres, initialement fixée au 28 août, a été repoussée au 31 août par un addendum daté du 27 août, puis à nouveau reportée au 2 septembre par un second addendum. L’appel d’offres a été annulé sept jours après cette dernière échéance. Aucun des documents publiés n’explique les raisons de ces reports ni n’indique s’ils étaient liés à l’annulation.

Sept lots pour la remise en état des équipements de production

Selon le dossier d’appel d’offres, les travaux devaient être financés par le budget de fonctionnement 2026 de l’Imprimerie nationale, grâce à une dotation spéciale du ministère des Finances. L’appel d’offres était réservé aux entreprises camerounaises spécialisées dans le génie mécanique et électrique. Le budget de 230 millions de FCFA était réparti en sept lots. La dotation la plus importante, soit 70 millions de FCFA (30,4 % du total), concernait quatre équipements utilisés pour la sécurisation de documents. La réparation de cinq presses offset de la série SX représentait un budget de 45 millions de FCFA. Une enveloppe de 40 millions de FCFA a été allouée à chacun des deux lots suivants : quatre machines à fabriquer des enveloppes et cinq massicots. Une somme supplémentaire de 15 millions de FCFA était destinée à quatre presses offset de la série K, tandis que la climatisation de trois zones de production et la révision d’une presse offset rotative étaient budgétisées à hauteur de 10 millions de FCFA chacune.

Le cahier des charges prévoyait des réparations mécaniques, électriques et électroniques, le remplacement de pièces ainsi que la formation des opérateurs et du personnel de maintenance. Il faisait état de rouleaux, de courroies et de capteurs usés, de systèmes de commande défaillants, de problèmes de programmation et de climatiseurs en panne. Les délais d’exécution variaient de 45 à 120 jours, selon le lot. L’état des équipements n’était donc pas présenté uniquement comme un enjeu de modernisation à moyen terme. Les documents d’appel d’offres exigeaient également des prestataires retenus qu’ils maintiennent les machines réparées en état de marche durant l’exécution d’une commande de matériel électoral. La décision d’annulation n’explique pas comment cette exigence opérationnelle sera désormais satisfaite.

L’articulation avec le PPP de 20 ans reste floue

Le programme de maintenance a été planifié moins d’un an après la signature, le 28 novembre 2025, d’un partenariat public-privé (PPP) entre l’Imprimerie nationale et la société Impact Palmarès R&D, basée en Côte d’Ivoire. Présenté comme un accord d’une durée de 20 ans, ce partenariat porte sur la modernisation, l’automatisation et la sécurisation des équipements de production de l’entreprise publique.

Selon une communication officielle du ministère de la Communication, les signataires sont Pierre Nolasque Oyono Bika, directeur général de l’Imprimerie nationale, et Giresse Tella, président d’Impact Palmarès R&D. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a présidé la cérémonie sans toutefois signer l’accord. La valeur du PPP, son plan de financement et la répartition des responsabilités en matière d’investissement entre les partenaires n’ont pas été divulgués. Les documents de l’appel d’offres de 2026 ne précisent pas non plus si le programme de réparation, chiffré à 230 millions de francs CFA, devait constituer une mesure transitoire avant les investissements du secteur privé, une opération distincte du PPP ou des travaux susceptibles d’être pris en charge dans le cadre de ce partenariat.

Au vu des informations disponibles, aucun lien ne peut donc être établi entre l’accord conclu avec Impact Palmarès R&D et l’annulation de l’appel d’offres. Les problèmes affectant les équipements de production de l’Imprimerie nationale sont antérieurs au programme actuel. Dans un article publié le 4 mars 2019, le quotidien Cameroon Tribune rapportait que les machines grand format étaient hors service et que le nombre de machines petit format opérationnelles était passé de dix à quatre.

Sur un total de 7 milliards de francs CFA de commandes enregistrées en 2018, l’Imprimerie nationale en a honoré pour 3 milliards, soit 42,9 %. Ces chiffres montrent que des problèmes de capacité de production existent depuis des années, mais ils ne permettent pas d’établir la situation financière ou industrielle de l’institution en 2026.

Cédric Boyomo

Rédaction
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