(BFI) – Le Cameroun et la Banque islamique de développement (BID) ont signé, le 14 septembre 2026, des accords de financement d’un montant de 41,92 millions d’euros (soit environ 27,5 milliards de FCFA) destinés à soutenir le développement agricole et les infrastructures rurales dans les régions de l’Est et du Sud du pays. Ce financement permettra de réaliser le Projet de développement rural intégré du Dja (PDRI-Dja).
Ce projet, qui cible environ 250 000 personnes, prévoit notamment l’aménagement de terres agricoles, la réhabilitation de routes rurales ainsi que l’amélioration des infrastructures d’approvisionnement en eau, d’éducation et de santé. Cette signature officialise un financement dont le Conseil d’administration de la BID avait déjà approuvé l’octroi le 7 février 2024. Le 30 juillet 2026, un décret présidentiel avait autorisé le ministre camerounais de l’Économie à signer trois accords avec l’institution pour un montant total de 41,92 millions d’euros. D’après les documents disponibles, l’enveloppe de 27,5 milliards de FCFA ne constitue donc pas une nouvelle allocation venant s’ajouter au financement annoncé en 2024.
Le PDRI-Dja constitue le volet « développement rural » d’un programme plus vaste : le Programme de développement intégré de la boucle minière du Dja et de la zone frontalière adjacente (PADI-Dja). Il vise à développer les activités agricoles et d’élevage ainsi qu’à améliorer l’accès aux infrastructures pour les populations des régions de l’Est et du Sud. Les investissements prévus incluent l’aménagement de 420 hectares de terres agricoles et la réhabilitation d’environ 300 kilomètres de routes rurales. Le projet prévoit également la construction ou la rénovation d’installations d’approvisionnement en eau, d’écoles et de centres de santé. Certaines initiatives cibleront spécifiquement les femmes et les jeunes vulnérables, notamment par le développement de chaînes de valeur agricoles et la mise en œuvre de programmes de renforcement des capacités communautaires.
Un financement en préparation depuis 2022
Le processus de financement a débuté il y a plusieurs années. Selon une note relative au projet, le gouvernement camerounais a officiellement sollicité l’appui de la BID le 6 juin 2022. À l’issue d’études techniques, économiques, financières et institutionnelles, le Conseil d’administration de la Banque a approuvé une contribution de 41,92 millions d’euros en février 2024. La contribution du Cameroun devait quant à elle s’élever à 4,51 millions d’euros, soit environ 3 milliards de FCFA. Ajouté au financement de la BID, cela porterait le coût de cette composante à environ 46,43 millions d’euros, soit près de 30,5 milliards de francs CFA. Ce montant ne doit pas être confondu avec le coût global du PADI-Dja, un programme plus vaste incluant d’autres projets et partenaires financiers.
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) finance une part importante du volet routier. Un accord de prêt de 99,85 milliards de francs CFA a été signé le 12 août 2025 pour les infrastructures du programme. Les procédures de passation de marchés prévues pour 2026 concernent plusieurs tronçons routiers dans les régions de l’Est et du Sud.
Le PADI-Dja bénéficie également de financements issus du budget de l’État camerounais. Le plan d’investissement 2026 du ministère de l’Économie prévoit une enveloppe de 800 millions de francs CFA pour soutenir le programme et de 1,5 milliard de francs CFA pour régler des décomptes en souffrance. La signature du 14 septembre marque donc une nouvelle étape vers la mise en œuvre effective du financement du PDRI-Dja, plutôt qu’une augmentation des fonds annoncés en 2024. Les prochains indicateurs de progression seront le rythme des décaissements et le démarrage des projets d’infrastructure prévus dans les deux régions.
Elise Nguélé




