“Les fascicules du CARPEM constituent une fontaine intarissable” Dr. Victor Stéphane ESSAGA, Directeur Exécutif du CARPEM

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Dr Stéphane ESSAGA, Directeur Exécutif du Centre Africain de Recherche sur les Politiques Énergétiques et Minières (CARPEM)

(BFI) – Dr Victor Stéphane Essaga est titulaire d’un doctorat en droit privé de l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, d’un MBA in International Oil & Gas Management de l’Université de Dundee (Royaume Uni) et d’un DESS en Administration fiscal de l’Université de Douala. Inspecteur Principal des impôts depuis 2001, il a une riche expérience dans la gouvernance extractive qu’il a acquise dans le cadre de la mise en œuvre de programmes de formation et de renforcement des capacités destinés aux Organisations de la Société Civile, des fonctionnaires des régies financières et des magistrats africains, en tant que consultant international. Il est par ailleurs fondateur du Centre Africain de Recherche sur les Politiques Energétiques et Minières (CARPEM) depuis 2009 et c’est dans ce cadre qu’il a accepté de répondre aux questions de Business & Finance International afin de présenter les objectifs du Carpem et la quintessence de ses publications.

Mr le Directeur Exécutif, qu’est – ce que le CARPEM?

Le Centre Africain de Recherches énergétiques et Minières (CARPEM) est une organisation internationale non gouvernementale dont l’objectif essential est d’informer et former aux problématiques et thématiques liées aux ressources naturelles africaines, notamment les ressources extractives et les énergies hydrauliques et non renouvelables. Ultimement, elle vise à contribuer à la formation d’une élite africaine à la compréhension des multiples enjeux entourant ces ressources stratégiques, mais aussi à réduire l’écart abyssal existant entre différentes régions de l’Afrique et des régions qui sont pourtant davantage consommatrices que productrices de ces ressources.

Pourquoi publier des interviews d’acteurs ?

En tant que Centre de recherche, il convient de noter que plusieurs formes de contributions précèdent cet ouvrage : des interviews, conférences, formations, inscriptions d’étudiants dans des centres de recherche internationaux, et encadrement académique de nombreux étudiants africains, sont inscrits à l’actif du CARPEM. Cependant toutes ces actions visaient davantage à construire patiemment une garde solide au sein du CARPEM, avec laquelle ce recueil d’interviews a été réalisé. Il s’agit en réalité de mettre à disposition tant des chercheurs que des acteurs, des informations de première main, sans altération ni modification, permettant d’avoir directement accès aux problématiques et thématiques structurant l’exploitation des ressources naturelles africaines. Il s’agit d’une première articulation dans la contribution de la pensée dans ce domaine d’activité. Clairement, les interviews constituent une source intarissable d’informations à haute portée heuristique.

Quels objectifs vise le CARPEM en publiant ces interviews ?

L’objectif affirmé dans la production de ces interviews est de conjurer l’absence aigue ou du moins la rareté de documents didactiques dans ces secteurs d’activités, notamment en Afrique francophone. Nous pensons avec Hegel que “l’essence de l’esprit, c’est la liberté”, et avec Sénèque que “le bien suprême, c’est une âme qui méprise les aléas du sort”. En tant qu’entreprise académico-scientifique, nous pensons que les interviews sont un gisement d’informations documentées et orientées, capables de fournir des termes de conversation pertinents aux destinataires multiples que sont les chercheurs, les opérateurs économiques, les institutions publiques et les membres des différentes sociétés civiles africaines.

Pouvez-vous nous donner la quintessence des acteurs dont les interviews sont publiées ?

Ce sont tous des acteurs de premier plan. Il s’agit d’institutionnels publics tels les ministres en charge de ces ressources, mais aussi d’institutionnels privés tels les présidents de conseils d’administration ou les directeurs généraux d’entreprises tant étrangères que locales. Enfin, certains professeurs et experts reconnus dans leurs domaines de compétence, ont également fait l’objet de sélection, lorsque leurs interviews étaient jugées suffisamment fertiles et utiles pour les lecteurs. Il y’a ainsi 8 fascicules thématiques, et un fascicule les agrégeant tous intitulé “les dynamiques énergétiques et minières africaines”. Les thèmes couvrent tous ensemble le champ de spécialisation du CARPEM : le pétrole et le gaz tant amont qu’aval, les mines solides, les énergies renouvelables, l’environnement, les voies d’évacuation tels les ports, la distribution de l’eau potable, l’électricité et ses actifs majeurs que sont les barrages et centrales, et enfin un fascicule est dédié aux politiques énergétiques des Etats africains.

Ne craignez-vous pas un “too much” susceptible de brouiller les messages contenus dans ces interviews ?

Pas du tout. Mieux, nous nous inspirons de bout en bout des travaux qui encouragent de plus en plus l’interdisciplinarité, notamment ceux du mathématicien Jean Pierre Serre, récipiendaire de la fameuse médaille Fields à moins de 28 ans, élu professeur au Collège de France avant 30 ans. Il a montré qu’il ne faut pas s’entêter à trouver des liens directs et étroits dans la recherche, mais au contraire monter plus haut pour constater que les liens vivent au-dessus. Derrière toute cette démarche de sélection, de saisies par les jeunes membres, de présentation dans un certain ordre et enfin de publication, il y a tout un appareil solidifiant la démarche, qui en plus, n’est que la première étape d’une longue programmation en termes de production pour le CARPEM.

Propos receuillis par la Rédaction

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