(BFI) – Le 14 avril 2026, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a lancé une opération d’injection de liquidités d’un montant de 500 milliards de fcfa. Cette intervention, pilotée par le Vice-Gouverneur Michel Dzombala, intervient alors que la demande des établissements de crédit de la sous-région reste particulièrement vive, avec un taux minimum fixé à 4,75%.
Selon les résultats de cette opération, que vient de rendre publique l’institut d’émission des six pays de la Cemac, 365,2 milliards de FCFA ont été encaissés par les banquiers, correspondant à un taux de souscription de 73%. Le relèvement de l’offre de la BEAC, passée de 400 milliards de FCFA fin mars 2026 à 500 milliards de FCFA le 14 avril 2025, fait suite à l’intérêt croissant que montraient les banques pour la liquidité de la BEAC, depuis quelques semaines. Mais, l’enveloppe de 500 milliards de FCFA proposée semble être au-delà des besoins des banques, traduisant une timidité de la demande du crédit bancaire.
Pour le secteur bancaire gabonais, cette annonce est une bouffée d’oxygène stratégique. En tant que place forte financière de la CEMAC, les banques de Libreville sont en première ligne pour financer les grands projets d’infrastructure et soutenir les opérateurs économiques locaux. Une injection de cette ampleur permet de stabiliser les capacités de prêt des banques gabonaises, évitant ainsi un resserrement du crédit qui pourrait pénaliser la dynamique de croissance nationale.
Techniquement, l’opération se déroule sur une maturité courte de sept jours, avec un dénouement prévu le 23 avril prochain. Les banques ont la possibilité de multiplier leurs chances en soumettant jusqu’à cinq offres différentes. Ce mécanisme de flexibilité est crucial pour les trésoreries des banques du Gabon, souvent sollicitées pour couvrir des engagements importants sur le marché des titres publics.
Une mobilisation de 500 milliards de fcfa qui marque une étape supérieure par rapport aux volumes de mars 2026, qui oscillaient entre 350 et 400 milliards. Bien que nous restions loin des pics de 800 milliards observés fin 2025, le signal envoyé par la Banque Centrale est bien évidemment qu’elle ne laissera pas le marché s’assécher. Pour le Gabon, cela garantit une certaine sérénité sur le marché interbancaire alors que le pays poursuit ses réformes économiques sous l’œil attentif des bailleurs internationaux.
Au demeurant, bien qu’en nette progression, la demande actuelle de liquidité reste largement en dessous des niveaux records atteints à partir du mois de septembre 2025 : 650 milliards de FCFA dans la seconde moitié du mois, avant de s’envoler en octobre à 700 puis 800 milliards de FCFA, poussant la banque centrale à relever son offre pour satisfaire cet appétit.
Antoine Mboussi




