L’encours des crédits octroyés par les banques camerounaises a cru de 6,7% en 2020

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Société générale

(BFI) – Malgré la réticence de certains banquiers à délier les cordons de leurs bourses au cours de l’année 2020, à cause des risques occasionnés par la pandémie du coronavirus, l’encours des crédits octroyés par les banques camerounaises aux entreprises et aux particuliers a cru de 6,7%. Cette statistique est révélée par l’Association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam).

Cette performance fait dire à l’Apeccam que « le secteur bancaire camerounais a fait preuve de flexibilité et d’agilité dans un contexte de crise, d’incertitude ambiante et de chocs macrofinanciers ayant accru la vulnérabilité des agents économiques et les difficultés des emprunteurs ». Ces difficultés des emprunteurs sont d’ailleurs matérialisées par une légère augmentation des créances en souffrances, dont le taux est passé de 15,8% en 2019 à 16,6% en 2020.

L’augmentation de l’encours des crédits bancaires au Cameroun en 2020 découle d’un ensemble de mesures prises par la banque centrale des Etats de la Cemac dès le déclenchement de la pandémie dans cet espace communautaire à six Etats (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée Equatoriale). En effet, en riposte au coronavirus, la BEAC a réuni les membres de son Comité de politique monétaire (CPM) par visioconférence, le 27 mars 2020, rencontre au sortir de laquelle cette banque centrale a ouvert les vannes du financement aux Etats et aux entreprises, afin de leur permettre de disposer des moyens nécessaires pour faire face à la crise sanitaire.

La thérapie de la banque centrale

Concrètement, au terme du CPM du 27 mars 2020, la BEAC a procédé à la baisse de deux de ses trois taux directeurs. C’est ainsi que le taux d’intérêt des appels d’offres (Tiao), qui permet aux banques de se refinancer hebdomadairement sur le marché monétaire, est passé 3,5 à 3,25%. Le taux de facilité de prêt marginal, qui permet aux banques de se refinancer sous 24 heures auprès de la banque centrale, est quant à lui passé de 6 à 5%. Ces décisions avaient pour objectif de faciliter le refinancement des banques commerciales auprès de la banque centrale, afin que celles-ci puissent également financer les entreprises et les particuliers grâce aux crédits.

Dans le même temps, afin de doper davantage la liquidité bancaire, le CPM a décidé non seulement de suspendre les ponctions hebdomadaires de la banque centrale dans les coffres-forts des banques commerciales, mais aussi de relancer ses opérations hebdomadaires d’injection de la liquidité dans les banques. Avec, de surcroît, le relèvement du plafond à injecter de 240 à 500 milliards de FCFA, montant pouvant être revu à la hausse « en cas de besoin », avait précisé le CPM.

Toutes ces mesures demeurent en vigueur en ce premier trimestre 2021, et sont de bon augure pour une dynamisation encore plus accrue du marché du crédit bancaire au Cameroun, au cours de l’année courante. La preuve de cette projection optimiste est administrée par les injections de liquidité dans les banques commerciales, qu’effectue chaque semaine la banque centrale. Depuis le début de l’année 2021, l’intérêt des banques pour le refinancement est tel que pour la première fois, au cours de l’opération du 9 mars 2021, l’offre de la BEAC a été inférieure à la demande des établissements de crédit. Ce qui témoigne d’une certaine vigueur dans la recherche des financements par les agents économiques.

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