Le secteur touristique gabonais en agonie

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(BFI) – Déjà affaiblis par les effets de la crise de la Covid-19, les opérateurs du secteur touristique gabonais redoutent un effondrement de leurs activités. Cette crainte s’est amplifiée avec les nouvelles mesures prises, le 12 février dernier, par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Il s’agit de l’obligation de présenter un test Covid négatif d’une validité d’au moins 7 jours pour accéder aux restaurants, hôtels et autres lieux de loisirs de même que l’exigence du même test pour chaque employé, chaque semaine.

« La demande du test Covid à nos clients est infaisable. Pour preuve, depuis le 13 février aucun client n’a pu nous présenter un test et cela s’est soldé par zéro client donc zéro franc en caisse à la fin de la journée », a déclaré Jean-Claude Ngoma, porte-parole du Club de tourisme de Libreville (CTL) au cours d’une rencontre le 17 février 2021 à Libreville.

Pour limiter les dégâts, les opérateurs (de l’hôtellerie, restauration, bars, agences de voyage et de tourisme, compagnies aériennes, établissements de nuit et de l’événementiel), réunis au sein du CTL, demandent au gouvernement de suspendre la mesure incriminée. Ils souhaitent aussi que le délai de validité du test exigé aux employés du secteur soit ramené à 14 jours et qu’un taux forfaitaire de 5000 FCFA soit appliqué pour la réalisation des tests Covid. Il est actuellement de 10 mille FCFA.  « Nous souhaitons également le déplacement de la Brigade mobile pour les prélèvements sur nos lieux de travail comme promis par le gouvernement ainsi que des délais d’exécution plus rapide pour le retour des résultats », explique Jean-Claude Ngoma.

Des besoins financiers de 10 milliards de FCFA

L’idéal pour ces opérateurs économiques serait que seules les mesures barrières que le respect de la distanciation, le port du masque, l’usage du gel hydro alcoolique leur soit imposé pour l’ouverture de leurs entreprises.

Ces opérateurs espèrent par ailleurs bénéficier le plus tôt possible de l’accompagnement financier promis par le gouvernement pour la relance du tourisme gabonais. Le CTL estime à 10 milliards de FCFA les besoins du secteur pour se relever de la crise.

Comme pour tout à ailleurs dans le monde, le secteur touristique gabonais est frappé de plein fouet par la crise sanitaire. Il y a quelque mois, la présidente du Club de tourisme de Libreville, Jocelyne Halajko, estimait que le chiffre d’affaires des opérateurs du secteur avait chuté de 80% avec des fermetures des établissements et un impact sur 4000 emplois.

À l’heure de l’accélération de la diversification de l’économie du pays, les acteurs du secteur touristique ont espoir que leurs doléances seront prises en compte par le gouvernement, qui doit cependant arbitrer entre la santé des citoyens et celle de l’économie.

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