(BFI) – Dans le cadre des efforts du pays pour renforcer la transformation locale de son pétrole, le Niger a approuvé un projet de raffinerie et complexe pétrochimique à Dosso estimé à 1,9 milliard USD, qui doit porter la capacité de raffinage nationale à 100 000 b/j et s’appuie sur un montage BOT avec des partenaires étrangers.
Validé par un accord signé le 15 août à Niamey entre les autorités nigériennes et la société canadienne d’énergie industrielle Zimar, le projet doit notamment permettre au pays de « diversifier ses partenaires, transformer davantage les ressources sur son territoire et renforcer ses capacités industrielles [ …] », s’est félicité le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré. Le Niger, producteur de brut depuis 2011 et exportateur depuis janvier 2024, reste dans les faits confrontés à des besoins importants en produits pétroliers raffinés.
Implanté dans la région de Dosso, dans le sud-ouest du pays, le futur complexe affichera une capacité cinq fois supérieure à celle de la raffinerie de Zinder, actuellement en activité avec une capacité d’environ 20 000 barils par jour. Avec 100 000 barils par jour, la nouvelle installation compterait ainsi parmi les plus importantes capacités de raffinage d’Afrique de l’Ouest.
Un partenariat public-privé de type Build-Operate-Transfer
Selon les éléments communiqués, sa réalisation s’inscrit dans un partenariat public-privé de type Build-Operate-Transfer (BOT). Zimar et son partenaire américain High Tech doivent en particulier assurer le financement et la construction de l’installation sur trois ans, avant d’en assurer l’exploitation pendant treize années, puis de transférer l’infrastructure à l’État nigérien.
Pour Niamey, l’enjeu dépasse donc la seule augmentation des capacités énergétiques. La transformation locale du brut doit contribuer à réduire la dépendance aux importations de produits raffinés, à sécuriser l’approvisionnement du marché domestique et à accroître la valeur captée par l’économie nigérienne.
Cette annonce intervient alors que le Niger cherche précisément à renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles et à développer une industrie pétrolière intégrée. Le pays dispose désormais d’un débouché pour ses exportations de brut via le terminal de Sèmè, au Bénin, tandis que de nouveaux travaux d’exploration sont également engagés. Avec ce projet de 1,9 milliard de dollars, Niamey entend ainsi transformer progressivement son statut de producteur et exportateur de pétrole en celui d’un acteur régional de la transformation des hydrocarbures.
Cette signature constitue une nouvelle étape dans la politique des autorités nigériennes visant à renforcer la souveraineté énergétique, l’industrialisation et la création de valeur ajoutée à partir des ressources pétrolières nationales.
Placide Onguéné



