(BFI) – Ecobank Transnational Incorporated (ETI), premier réseau bancaire privé du continent africain, présent dans trente-quatre pays d’Afrique subsaharienne, a dégagé un produit net bancaire de 1,3 milliard de dollars (environ 1,1 milliard d’euros) entre janvier et juin, en progression de 15 % sur un an. Son bénéfice avant impôt s’établit à 423 millions de dollars, contre 398 millions un an plus tôt, soit une hausse de 6 % après une progression de 23 % sur la période équivalente de 2025.
L’écart entre les deux courbes constitue l’information principale du communiqué. La rentabilité des fonds propres tangibles revient à 21,1 %, contre 27,8 % pour l’exercice 2025 dans son ensemble. La croissance commerciale tient ; sa conversion en profit se dégrade.
La dégradation de la qualité des actifs au Nigeria explique en grande partie l’écart entre la progression des revenus et celle du bénéfice. La fin du régime de tolérance prudentielle de la Banque centrale du pays, qui autorisait les banques à maintenir en portefeuille sain des créances fragilisées sans les provisionner, a contraint le groupe à reclasser d’anciennes expositions, principalement dans le secteur pétrolier et gazier. Sa filiale nigériane a terminé 2025 sur une perte avant impôt de 31 millions de dollars, ses charges de dépréciation ayant presque quadruplé pour atteindre 82 millions. Au niveau du groupe, le ratio de créances douteuses est passé de 6,7 % à 9,4 %, et les réserves pour pertes de crédit attendues atteignaient 1 milliard de dollars fin mars, soit 8,1 % des encours. Le communiqué de mardi indique que le groupe poursuit ses actions de renforcement de la qualité des actifs au Nigeria, où les revenus progressent par ailleurs de 23 %.
Partout ailleurs, le semestre est favorable. L’Afrique centrale, orientale et australe progresse de 20 %, à 470 millions de dollars, l’Afrique de l’Ouest anglophone de 16 %, à 372 millions. La zone UEMOA, socle historique du groupe, se limite à 6 %, à 382 millions. Les indicateurs de bilan se raffermissent. Les dépôts augmentent de 3,1 milliards de dollars sur un an, à 27 milliards, dont 85 % de ressources peu coûteuses. Le coefficient d’exploitation s’établit à 48,4 %, contre 48,3 % pour l’exercice 2025.
Une transformation portée par les paiements et la diversification
Le pôle paiements demeure le principal moteur de la transformation impulsée par le directeur général, Jeremy Awori, arrivé en 2023. Les revenus tirés de cette activité progressent de 10 %, à 156 millions de dollars, et la valeur des transactions numériques bondit de 33 %, à 78,5 milliards. Le dirigeant met en avant une architecture technologique « moderne, cloud, API-first, mobile-first », adossée à un partenariat avec Google Cloud.
Le groupe a par ailleurs levé 450 millions de dollars à Londres via une obligation « nature », près de quatre fois sursouscrite, qui refinance en réalité une souche subordonnée à 8,75 %. Ce semestre intervient dans un contexte actionnarial recomposé : la Commission bancaire de l’UMOA a validé en juin l’entrée de Bosquet Investments, véhicule du financier camerounais Alain Nkontchou, qui porte son participation à au moins 24,05 % du capital, devant Qatar National Bank.
Le plan stratégique « croissance, transformation, rendement » s’achève cette année. Sa réussite se jugera moins sur la dynamique commerciale, désormais acquise, que sur la capacité d’Ecobank à absorber son passif de crédit nigérian sans remettre en cause le dividende rétabli en juin.



