(BFI) – Le barrage hydroélectrique de Booué revient sur le devant de la scène énergétique gabonaise. Porté par Gabon Power Company (GPC) en partenariat avec Électricité de France (EDF) et la Banque mondiale, ce projet de 400 mégawatts (MW) a franchi une étape concrète marquée par le lancement officiel de ses études de faisabilité.
Selon des informations relayées par Gabon Review jeudi 4 juin, une délégation conduite par le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a visité les deux sites retenus pour accueillir le barrage et la centrale hydroélectrique, identifiés à l’issue des études de préfaisabilité menées par GPC et EDF. Un protocole d’accord entre les deux partenaires avait été signé en octobre 2025.
« Dès ma prise de fonction, le président de la République m’a confié une mission claire : tout mettre en œuvre pour réaliser le barrage de Booué. Nous avons engagé des échanges soutenus avec les bailleurs de fonds et les partenaires techniques pour réunir les conditions nécessaires », a déclaré le ministre, cité par le média local.
Le projet a connu plusieurs reports depuis son lancement initial. Selon une analyse publiée en novembre 2025 par l’Institut Concorde, Booué fait partie des barrages et centrales électriques restés bloqués faute de capitaux suffisants. Le même document indique que leur réalisation permettrait d’ajouter près de 972 MW au réseau national, ce qui mettrait fin au déficit actuel.
Une crise électrique qui rend le projet urgent
Ce regain d’intérêt intervient dans un contexte de crise électrique. Le 23 mai, un incident technique majeur à la centrale d’Owendo a provoqué plusieurs jours de coupures massives dans le Grand Libreville. Une situation qui a contraint le gouvernement à verser des compensations aux victimes, rapporte Infos Gabon.
Selon le Plan national de développement pour la transition (PNDT), le Gabon dispose d’une capacité installée d’environ 700 MW pour des besoins estimés à 1039 MW, soit un déficit de plus de 330 MW.
Le PNCD 2026-2030 va plus loin. Il chiffre à plus de 200 heures par an le temps que les Gabonais passent sans électricité, et relève que le potentiel hydroélectrique du pays n’est exploité qu’à 13 %.
Pour Philippe Ossoucah, directeur général de GPC, « le projet de Booué constitue l’un des projets énergétiques les plus structurants de la prochaine décennie pour le Gabon ». La phase de construction devrait mobiliser environ 4000 travailleurs.
Plusieurs étapes restent à franchir avant le premier coup de pioche. Les prochaines phases portent sur des études techniques, environnementales et sociales détaillées. La Banque mondiale qui accompagne le processus, conditionne son soutien financier à la validation de ces études.




