(BFI) – La République du Congo (Brazzaville) a officialisé son adhésion à ATIDI (Assurance pour le développement du commerce et des investissements en Afrique, anciennement ATI/ACA) afin de sécuriser ses emprunts souverains et de faire baisser leur coût. En s’appuyant sur les garanties d’ATIDI, le Congo entend faciliter l’accès de l’État et des entreprises aux financements bancaires. L’enjeu est de réduire les risques supportés par les prêteurs pour obtenir des conditions d’emprunt plus avantageuses, alors que les effets de ce partenariat restent à concrétiser.
La République du Congo veut s’appuyer sur les garanties d’ATIDI pour améliorer ses conditions de financement. Après la ratification, en août 2026, de l’accord portant création de l’organisme, Brazzaville prépare les prochaines étapes du partenariat. Le mardi 13 octobre, le ministre congolais des Finances, Christian Yoka, a échangé avec le directeur général d’ATIDI, Manuel Moses, à ce sujet.
Selon le ministère des Finances, ATIDI peut garantir des prêts souverains et accorder des garanties aux banques locales afin de faciliter le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des sociétés du portefeuille public. Ces garanties réduisent le risque de perte en cas de défaillance de l’emprunteur. Elles peuvent ainsi rendre une opération plus acceptable pour les prêteurs et permettre à l’État de négocier un taux d’intérêt inférieur à celui qu’il aurait obtenu sans garantie.
Une pondération du risque de crédit à 0 %
Le ministère congolais souligne l’avantage prudentiel associé aux prêts souverains couverts par ATIDI. En vertu d’une convention entre l’institution et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), ces financements bénéficient d’une pondération du risque de crédit de 0 %, selon les informations communiquées par le ministère. Ce traitement peut encourager les banques à financer les opérations garanties et faciliter la mobilisation de ressources par l’État.
Toutefois, cette mesure ne garantit pas, à elle seule, une baisse des taux d’intérêt. Les conditions obtenues dépendront notamment du niveau de couverture, du coût de la garantie et des modalités de chaque emprunt. De même, l’adhésion à ATIDI ne rend pas automatiquement tous les emprunts publics éligibles à cette couverture. Chaque opération devra répondre aux critères de l’organisme et faire l’objet d’une évaluation. À ce stade, le ministère n’a annoncé aucun emprunt souverain congolais bénéficiant déjà de cette couverture. L’effet du partenariat devra donc être apprécié à partir des financements mobilisés, des taux négociés et des économies éventuellement réalisées sur le service de la dette.
Le Kenya, un point de comparaison
Le Congo pourrait s’inspirer de l’expérience du Kenya, qui constitue un marché de référence pour ATIDI. Lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisme, organisée début juillet 2026 à Nairobi, les autorités kényanes ont indiqué avoir mobilisé, grâce aux mécanismes d’ATIDI, plus de 7 milliards $ d’investissements dans l’énergie, les transports, l’industrie manufacturière, l’agriculture et le commerce.
À cette occasion, le président William Ruto a annoncé que le Kenya envisageait, sous réserve des procédures nationales requises, de porter sa participation au capital d’ATIDI de 25 à 65 millions $. Cette initiative traduit la volonté de Nairobi de renforcer sa coopération avec l’assureur pour soutenir ses investissements. Le directeur général d’ATIDI, Manuel Moses, a indiqué que l’organisation avait contribué à mobiliser plus de 93 milliards $ d’investissements privés à travers l’Afrique depuis sa création. Ces financements reposent notamment sur des instruments de couverture des risques politiques et des risques de crédit, destinés à renforcer la confiance des investisseurs.
ATIDI compte désormais 24 États africains membres, ainsi que 13 actionnaires institutionnels et un État non africain. Pour Brazzaville, l’enjeu sera de convertir son adhésion en garanties effectivement mobilisées afin d’améliorer les conditions de financement de l’État et des entreprises. L’expérience kényane offre un point de comparaison, mais les retombées pour le Congo dépendront des opérations retenues et de leur capacité à attirer des capitaux.
Placide Onguéné




