(BFI) – Le Cameroun vise désormais à achever les préparatifs du barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe (500 MW) en 2027, alors que le président Paul Biya avait précédemment appelé à un démarrage des travaux en 2025. Dans sa circulaire budgétaire du 12 octobre 2026 relative à l’exercice 2027, Paul Biya a chargé le gouvernement d’accroître l’offre d’électricité grâce à de nouveaux projets hydroélectriques, notamment celui de Kikot, dont le processus préparatoire doit être finalisé. Cette dernière directive ne précise pas la date de début des travaux de construction.
Cette formulation marque un changement par rapport aux deux circulaires budgétaires précédentes. Le 23 octobre 2024, M. Biya avait ordonné au gouvernement de lancer la construction du barrage de Kikot au cours de l’exercice 2025. Il avait réitéré cet objectif le 18 juillet 2025, dans ses orientations budgétaires pour 2026. La directive la plus récente met plutôt l’accent sur l’achèvement des étapes préalables à la construction, plutôt que sur le lancement des travaux eux-mêmes. Toutefois, ce calendrier révisé était déjà connu avant la circulaire d’octobre. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 du Cameroun, publié en juillet 2026, prévoit la mise en œuvre du projet Kikot et des lignes électriques associées entre 2028 et 2032. Il classe le projet comme un partenariat public-privé et en estime le coût à 872 milliards de FCFA. La directive présidentielle ne signale donc pas, à elle seule, un nouveau retard.
Les documents émanant des partenaires du projet présentent également des calendriers différents. Dans un avis daté du 19 novembre 2025, la Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC), société chargée du projet, a indiqué qu’elle prévoyait le bouclage financier au plus tôt au second semestre 2027. Cette étape marquerait le début des principaux travaux de construction. Toutefois, le Document d’enregistrement universel 2025 d’EDF, publié en avril 2026, indiquait toujours à la page 246 que le début des travaux était prévu pour 2026.
Entreprises présélectionnées, financement encore incertain
La KHPC, détenue conjointement par l’État camerounais et le groupe énergétique français EDF, a néanmoins franchi plusieurs étapes préparatoires. En novembre 2025, la société a annoncé avoir achevé la présélection des entreprises pour les trois principaux lots du projet : le génie civil, les équipements électromécaniques, ainsi que les lignes de transport d’électricité et le poste électrique. Ce processus a ouvert la voie aux futurs appels d’offres, sans pour autant aboutir à l’attribution des contrats de construction. Le projet a par la suite obtenu son certificat de conformité environnementale le 2 juillet 2026, selon une déclaration du directeur général de la KHPC publiée par EDF.
Les démarches pour boucler le financement étaient toujours en cours en septembre. Lors d’une réunion tenue à Yaoundé le 15 septembre 2026, le président du conseil d’administration de la KHPC, Ahmat Tom, a indiqué que plus de 50 institutions financières avaient manifesté leur intérêt pour le projet. Ces institutions avaient été identifiées grâce à une consultation auprès de prêteurs potentiels. Toutefois, ces marques d’intérêt ne constituaient pas des engagements de financement fermes.
La KHPC a alors fait savoir qu’elle prévoyait de mener des discussions bilatérales avec les prêteurs intéressés, en amont d’une conférence des bailleurs de fonds soutenue par le gouvernement. Ce processus visait à examiner les conditions dans lesquelles ces institutions pourraient participer au financement du projet. Aucun engagement ni montant de financement individuel n’avait encore été annoncé. Dans le document de programmation budgétaire du Cameroun pour la période 2027-2029, le montant de 872 milliards de francs CFA correspond au coût estimé de l’aménagement hydroélectrique et des lignes de transport associées, et non à un financement déjà acquis. Ce même document laisse vide la colonne relative à la contribution financière de l’État au projet Kikot. Cela ne signifie pas que l’État ne participera pas ; simplement, le montant de sa contribution prévue n’y est pas chiffré.
Placide Onguéné




