(BFI) – Les autorités douanières camerounaises ont saisi 121 cartons de vin et de spiritueux en provenance du Nigéria, preuve supplémentaire que l’alcool illégal continue de franchir les frontières du pays, privant ainsi l’État de recettes fiscales et créant une concurrence déloyale pour les importateurs et distributeurs légitimes. La cargaison a été interceptée le 13 août 2026 par la brigade mobile des douanes de Mamfe, dans la région du Sud-Ouest.
Selon l’administration douanière, l’alcool était transporté dans un véhicule de tourisme en provenance du Nigéria. Les bouteilles, dont les autorités ont qualifié la qualité de douteuse, ne portaient pas les timbres fiscaux requis. La cargaison a été placée dans un entrepôt des douanes. Cette saisie s’ajoute à une série d’affaires concernant des boissons alcoolisées qui échappent aux procédures douanières et fiscales. Les zones frontalières sont particulièrement difficiles à contrôler en raison de l’importance du commerce transfrontalier et des nombreux itinéraires permettant de contourner les points de contrôle officiels.
Mamfe n’est pas un cas isolé
En janvier 2026, à Bonabéri, au poste frontière de Bekoko à Douala, les douaniers ont saisi 19 cartons de whisky contenant 228 bouteilles. La marchandise, importée du Nigéria, était dissimulée dans les soutes à bagages d’un autobus et ne comportait pas les timbres fiscaux requis. La contrebande via le Sud-Ouest n’est pas un phénomène nouveau. En mai 2021, à Mamfé, les douaniers ont intercepté 9 200 bouteilles de Guinness, conditionnées dans 400 cartons et importées du Nigéria pour être vendues illégalement au Cameroun.
Le Nigéria n’est pas la seule source
En octobre 2025, à Ambam, dans la région Sud, les douaniers ont saisi 131 cartons de whisky, 16 cartons de vin rouge et 10 palettes de bière importés de Guinée équatoriale sans timbres fiscaux. Ces saisies démontrent que l’alcool illégal entre au Cameroun par de multiples points de passage frontaliers plutôt que par une voie unique.
La contrebande nuit aux entreprises légitimes
L’absence de timbres fiscaux sur la cargaison de Mamfe est significative car ces étiquettes permettent aux autorités de suivre les produits soumis à la taxation et de vérifier qu’ils sont entrés ou ont été produits légalement au Cameroun avant leur mise sur le marché. Les conséquences économiques vont au-delà du manque à gagner pour l’État.
L’alcool importé illégalement peut échapper aux droits de douane, aux taxes et autres coûts réglementaires payés par les entreprises légitimes. Les contrebandiers peuvent ainsi vendre leurs produits à des prix inférieurs, désavantageant les importateurs et distributeurs respectueux de la loi. La sécurité des consommateurs est une autre préoccupation. Une saisie à la frontière ne prouve pas en soi que l’alcool en question est contrefait ou frelaté. Cependant, des découvertes récentes au Cameroun mettent en évidence les risques associés aux filières d’approvisionnement illicites. En juillet 2026, les autorités douanières ont démantelé deux opérations illégales de production de vin et de whisky à Bandjoun, dans la région de l’Ouest. Les enquêteurs ont trouvé des bouteilles portant de faux timbres fiscaux ainsi que des bouteilles usagées récupérées dans des ordures et des décharges. Les contenants étaient apparemment nettoyés et remplis de mélanges d’alcool, de colorants et d’arômes. Ces affaires soulignent l’importance du contrôle aux frontières.
Les contrôles douaniers ne visent pas seulement à protéger les recettes fiscales, mais aussi à empêcher que des produits ayant échappé à la réglementation n’atteignent les consommateurs. Des saisies répétées témoignent d’un commerce illégal persistant. L’administration douanière camerounaise a intensifié ses opérations contre les marchandises non déclarées et non conformes, mais la surveillance des longues frontières du pays demeure complexe. Le commerce transfrontalier légal coexiste avec des circuits informels permettant aux marchandises d’entrer sur le marché intérieur sans formalités douanières. Les saisies répétées de whisky, de vin, de spiritueux et de bière suggèrent que l’alcool illégal reste un problème récurrent plutôt qu’une série d’envois isolés.
Les 121 cartons interceptés à Mamfé mettent ainsi en lumière un défi plus vaste pour le Cameroun : un contrôle renforcé des frontières doit protéger les recettes douanières et les entreprises légitimes, tout en empêchant que des produits potentiellement dangereux n’atteignent les consommateurs. Les autorités douanières affirment leur intention de maintenir les contrôles tant aux frontières qu’à l’intérieur du pays.



