(BFI) – Le Cameroun va encore solliciter le marché international en 2027 pour mobiliser 1000 milliards de Fcfa. Pour la deuxième année consécutive, Yaoundé inscrit un emprunt extérieur de cette ampleur dans son plan de financement. Cette projection figure dans le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029. Le gouvernement y présente les différentes sources auxquelles il compte recourir pour couvrir ses besoins de trésorerie et de financement.
« Pour la couverture de ses besoins de financement évalués globalement à 3 161,5 milliards de Fcfa en 2027, y compris le remboursement des crédits de TVA de 84 milliards de Fcfa, le Gouvernement envisage de recourir aux tirages extérieurs sur prêts-projets de 866,7 milliards de Fcfa, aux appuis budgétaires de 300,0 milliards de Fcfa (en cas de signature d’un nouveau PEF avec le FMI), aux émissions de titres publics de 400 milliards de Fcfa, au financement bancaire direct de 250 milliards de Fcfa, au tirage de ses réserves bancaires à la BEAC de 131,5 milliards de Fcfa et surtout à un important emprunt bancaire de 1000 milliards de Fcfa, comme en 2024 », indique le document de programmation.
Le futur emprunt international représenterait ainsi près du tiers des besoins globaux des financements projetés pour 2027. En complément de ces ressources, Yaoundé prévoit de recevoir 47,8 milliards de Fcfa d’appuis budgétaires sectoriels de la Banque mondiale. Ces financements sont attendus dans le cadre des réformes conduites à travers les programmes PforR dans les secteurs de l’électricité et de la gouvernance.
Un programme de 2026 encore en cours
Le programme d’un nouvel emprunt extérieur de 1000 milliards de Fcfa en 2027 intervient alors que le Cameroun travaille encore à la mobilisation complète de l’enveloppe internationale prévue pour 2026. Le 21 janvier 2026, le Président Paul Biya a autorisé le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à lever jusqu’à 1 650 milliards de Fcfa sur les marché intérieur et extérieur.
Cette autorisation repartie les financements entre 400 milliards de Fcfa d’Obligation du Trésor ou d’Obligations du Trésor Assimilables sur le marché domestique, 250 milliards de Fcfa de prêts directs auprès d’organismes locaux et 1000 milliards de Fcfa à rechercher à l’international. Les ressources ainsi mobilisées doivent financer les projets de développement et contribuer au règlement des restes à payer de l’Etat.
Sur les 1000 milliards de Fcfa prévus à l’international en 2026, le Cameroun a déjà levée 750 millions de dollars, soit environ 415 milliards de Fcfa, à travers un émission d’euro-obligations réalisée en février 2026. L’opération d’une maturité de 7 an assortie d’un différé de remboursement de deux ans, a permis à Yaoundé de couvrir une partie de son programme de financement extérieur. Il lui reste donc environ 585 milliards de Fcfa à mobiliser pour atteindre le montant autorisé.
Pour lever ce reliquat, les autorités camerounaises indiquaient, à l’époque, explorer des mécanismes de garanties destinés à obtenir de meilleures conditions de financement auprès des investisseurs.
« Nous avons engagé des discussions avec la Banque africaine de développement pour un prêt garanti. C’est-à-dire, à défaut de nous prêter directement à des taux concessionnels, la Banque africaine de développement, qui a une meilleure notation que le Cameroun, notamment à AA, peut se porter garant et nous permettre de nous endetter à des conditions plus intéressantes auprès des investisseurs », expliquait alors Samuel Tela, directeur de la trésorerie au ministère des Finances.
Parallèlement aux discussions avec la Banque africaine de développement, Yaoundé menait des échanges avec ATIDI, organisme panafricain spécialisé dans l’assurance des risques liés notamment aux prêts souverains. Le Cameroun en est membre et assura la Présidence de son conseil d’administration. « Nous avons engagé la même démarche avec ATIDI, qui est un organisme d’assurance pour les prêts, le Cameroun étant membre et assurant d’ailleurs la présidence du conseil d’administration. Nous avons engagé des discussions avec ATIDI auprès des compagnies d’assurances pour qu’elles nous apportent également leurs garanties afin de mobiliser tout ou partie des montant qui restent », a déclaré le directeur de la trésorerie.



