(BFI) – Le gouvernement camerounais prévoit une enveloppe de 600 milliards de Fcfa pour le règlement de la dette intérieure dans le cadre du projet de budget 2027, selon les annonces du ministère des Finances.
Le Cameroun envisage de consacrer 600 milliards de Fcfa au règlement de sa dette intérieure en 2027 ; toutefois, la part de cette somme qui sera allouée à l’apurement des arriérés dus aux entreprises et aux autres créanciers demeure incertaine. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a annoncé cette proposition lors d’un conseil de cabinet tenu à Yaoundé le 27 octobre.
« Nous avons prévu 600 milliards de Fcfa à cet effet », a déclaré M. Motaze, en faisant référence aux engagements de l’État au titre de la dette intérieure. Il n’a pas précisé comment ces fonds seraient répartis entre le remboursement de la dette financière et le règlement des arriérés dus aux créanciers publics et privés. Cette proposition doit encore être approuvée par la présidence avant que le projet de budget pour 2027 ne soit soumis au Parlement.
Le membre du gouvernement a également annoncé une augmentation du budget global de l’État pour 2027, sans toutefois en dévoiler le montant total. Cette enveloppe de 600 milliards Fcfa intervient dans un contexte où les engagements non honorés de l’État continuent de peser sur les finances publiques. Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le Trésor public cumulait 703,5 milliards de Fcfa d’impayés à fin juin 2026 — un chiffre en attente de consolidation. Sur ce montant, 588,4 milliards de Fcfa, soit 83,6 %, correspondaient à des dépenses restées impayées depuis plus de trois mois. Ces impayés ne constituent toutefois qu’une partie de la dette intérieure du Cameroun. Ils ne peuvent donc pas être directement comparés aux 600 milliards de Fcfa prévus pour 2027, d’autant plus que le gouvernement n’a pas encore précisé quels engagements seront couverts par cette enveloppe.
Un solde de 288,8 milliards de Fcfa subsiste au titre des arriérés intérieurs audités
Le gouvernement doit également poursuivre le règlement des créances validées dans le cadre d’un audit des obligations impayées accumulées entre 2000 et 2019. Selon les chiffres communiqués par le ministère des Finances le 29 mai 2026, ces créances s’élevaient au total à 752,1 milliards de Fcfa, dont 463,3 milliards ont déjà été réglés. Il en résulte un solde arithmétique de 288,8 milliards de Fcfa, un montant qui ne prend toutefois pas en compte les paiements effectués depuis cette date. Un audit distinct est en cours pour évaluer les créances accumulées entre 2020 et 2025. Le montant définitif reste à déterminer ; par ailleurs, les différentes catégories d’obligations impayées ne peuvent être simplement additionnées sans une vérification préalable de leur périmètre et une analyse visant à déceler d’éventuels chevauchements.
Pour les entreprises en attente de paiement de la part de l’État, la question centrale est de savoir quelle part de l’enveloppe annoncée de 600 milliards de Fcfa sera réellement consacrée à l’apurement des factures commerciales en souffrance. Le plan de paiement détaillé du gouvernement devra préciser les montants alloués à ces créances, ainsi que le calendrier selon lequel les créanciers pourront percevoir leurs fonds.
Elise Nguélé




