(BFI) – Les membres de coopératives de jeunes des régions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun ont reçu un soutien financier de 60 millions de Fcfa afin de renforcer leurs investissements dans les filières riz et oignon, deux chaînes de valeur considérées comme stratégiques pour la sécurité alimentaire et la réduction des importations dans le pays. Ce financement a été distribué le 13 juillet à Garoua, conformément à un protocole d’accord signé entre le Projet d’appui au développement des chaînes de valeur des produits de base – Phase II (PADFA II) et le Programme de consolidation et de pérennisation des activités agropastorales (PCP-ACEFA).
La cérémonie s’est déroulée en présence des délégués régionaux à l’agriculture et au développement rural des régions du Nord et de l’Extrême-Nord, ainsi que du coordonnateur national du PCP-ACEFA, le Dr Bouba Moumini.
Selon les responsables du programme, ces subventions visent à aider les jeunes producteurs à accroître leur capacité de production, à améliorer leurs revenus et à renforcer la viabilité économique de leurs coopératives. Ce soutien cible les producteurs de riz et d’oignons, secteurs prioritaires pour le gouvernement et ses partenaires au développement en raison de leur rôle essentiel dans l’approvisionnement alimentaire national et l’emploi rural.
Ce financement s’inscrit dans un effort plus vaste visant à améliorer la productivité agricole dans le nord du Cameroun, où la riziculture et la culture de l’oignon font vivre des milliers de ménages et contribuent significativement aux économies locales. Grâce à des investissements dans les infrastructures de production, les installations de stockage, l’accès au financement et les liens avec les marchés, PADFA II vise à renforcer la compétitivité des deux chaînes de valeur.
Cultures stratégiques pour la sécurité alimentaire
Le riz demeure l’un des aliments de base les plus consommés au Cameroun, faisant de la production nationale un enjeu économique majeur. Selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), la hausse des importations alimentaires, notamment de riz, pèse lourdement sur la balance commerciale du pays, incitant à des initiatives visant à accroître la production locale et à réduire la dépendance aux importations.
PADFA II, financé par le FIDA et le gouvernement camerounais, est destiné à soutenir environ 32 000 ménages ruraux dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Ouest et du Nord-Ouest. Le programme collabore avec les coopératives agricoles pour accroître la production de riz et d’oignons, améliorer l’accès aux marchés et renforcer la résilience des petits exploitants.
Selon les documents du projet, PADFA II prévoit de soutenir le développement de 2 570 hectares de terres de production, dont 1 970 hectares de rizières et 600 hectares d’oignons, tout en améliorant les infrastructures de stockage et de commercialisation.
Parallèlement, le PCP-ACEFA, actif à l’échelle nationale depuis 2008, indique que plus de 6 700 projets agricoles ont bénéficié de subventions d’une valeur supérieure à 26,4 milliards de francs CFA. Le programme précise que ses services de conseil accompagnent actuellement plus de 255 000 exploitations agropastorales familiales, et que les évaluations des bénéficiaires font état d’une augmentation de la production et des revenus de 20 à 30 % après plusieurs années de soutien.
Cédric Boyomo



