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Le Cameroun mise sur les garanties bancaires pour faciliter l’accès au crédit aux jeunes et aux femmes entrepreneures

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Selon le ministère des Finances (MINFI), l’objectif du gouvernement est d’aider les entrepreneurs à obtenir des financements pour des projets viables, notamment lorsqu’ils ne disposent pas de garanties suffisantes pour décrocher des prêts bancaires. Le ministre a évoqué un mécanisme de crédit de 200 milliards de Fcfa destiné à soutenir les jeunes et les femmes entrepreneures, expliquant que les garanties de l’État peuvent aider les emprunteurs dont les projets répondent aux critères des banques, mais qui ne sont pas en mesure de fournir des garanties matérielles adéquates.

L’accès au financement demeure un obstacle majeur pour les entreprises au Cameroun. Dans l’enquête « Enterprise Survey » 2024 de la Banque mondiale, 28,8 % des 615 entreprises interrogées ont désigné l’accès au financement comme leur principal frein opérationnel. Dans une évaluation publiée en avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a noté que la proportion d’entreprises identifiant le financement comme leur principal obstacle était passée de 15 % en 2009 à environ 29 % en 2024. Le FMI a souligné que le développement limité du secteur financier constitue une contrainte pour l’investissement, l’expansion et l’innovation des entreprises.

Un mécanisme de garantie existant, doté de 200 milliards de Fcfa

En 2023, le Cameroun a mis en place un dispositif de garantie publique des prêts, doté de 200 milliards de Fcfa, par le biais d’accords conclus avec l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM) et l’Association nationale des établissements de microfinance du Cameroun (ANEMCAM). Selon l’APECCAM, ce dispositif prévoit 170 milliards de Fcfa pour garantir les prêts bancaires, et 30 milliards de Fcfa pour garantir les crédits accordés par les institutions de microfinance. Ce mécanisme permet à l’État de garantir une partie des prêts éligibles octroyés par les institutions financières participantes.

Les banques et les institutions de microfinance demeurent responsables de l’évaluation des demandes et de la vérification du respect, par les emprunteurs, de leurs critères d’octroi de crédit. Le ministère des Finances (MINFI) n’a pas précisé si l’enveloppe de 200 milliards de Fcfa, évoquée par Louis Paul Motaze lors du forum, correspondait au mécanisme mis en place en 2023. Le ministère n’a par ailleurs fourni aucune donnée actualisée sur le montant des financements déjà mobilisés par le biais de ce dispositif.

La qualité des projets demeure une priorité

Au-delà des garanties publiques, le ministre Motaze a souligné que l’accès au financement dépend de la qualité des projets soumis aux banques. Pour accroître leurs chances d’obtenir un crédit, les entrepreneurs doivent disposer de plans d’affaires bien structurés, de documents justificatifs solides et d’une compréhension claire des exigences des prêteurs. « Nous ne promouvons pas la médiocrité, mais ce qui est de qualité », a déclaré le ministre des Finances, selon le MINFI. Le ministère a précisé que l’objectif du gouvernement est de soutenir des projets viables, conformes aux normes de qualité et alignés sur les priorités nationales de développement. Les échanges ont également porté sur la formation à l’entrepreneuriat, l’incubation d’entreprises, l’innovation et l’assistance technique.

L’atelier a réuni M. Motaze, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, ainsi que le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, qui a modéré les débats. Les participants ont par ailleurs insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’information concernant les programmes de soutien financier existants, afin de permettre aux entrepreneurs de mieux appréhender les aides qui leur sont accessibles.

Dans son évaluation d’avril 2026, le FMI a préconisé des réformes visant à approfondir l’intermédiation financière et à faciliter l’accès du secteur privé au crédit. L’accent mis par le gouvernement sur les garanties de prêt et sur une meilleure préparation des dossiers de financement s’inscrit dans le contexte de ces défis plus larges auxquels sont confrontées les entreprises camerounaises.

Omer Kamga

Rédaction
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