(BFI) – Les autorités camerounaises et les acteurs du secteur des PME ont préconisé d’accélérer la numérisation des Centres de Gestion Agréés (CGA) et d’améliorer l’accès aux incitations fiscales, dans le cadre d’une démarche plus large visant à intégrer davantage de petites et moyennes entreprises dans l’économie formelle. Ces propositions figurent parmi les huit recommandations adoptées lors de la 11e caravane de sensibilisation sur l’adhésion des PME aux CGA, organisée les 1er et 2 septembre 2026 à Douala.
Organisée par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), la rencontre a réuni administrations publiques, collectivités territoriales, promoteurs de CGA, partenaires techniques et financiers ainsi que des opérateurs économiques. Les participants ont recommandé une diffusion plus large et une mise en œuvre effective des mesures incitatives prévues par la loi de finances 2026. Ils ont également appelé à un renforcement de la collaboration entre les collectivités locales et les CGA, à une formation accrue des gestionnaires de CGA et des agents publics, ainsi qu’à une diversification des services d’appui aux entreprises.
Les recommandations incluent des campagnes d’explication sur la réforme de la fiscalité locale et l’Impôt Libératoire (ou Impôt Synthétique Général), ainsi que de nouvelles stratégies pour accroître l’adhésion des PME à ces centres. Selon le MINPMEESA, ces mesures visent à renforcer le civisme fiscal, à améliorer la gestion des entreprises et à soutenir la formalisation progressive de l’activité économique.
Des mesures incitatives pour favoriser le passage au secteur formel
Lors de l’ouverture de la caravane, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a mis en avant les incitations fiscales destinées à encourager la formalisation des entreprises et l’emploi. En vertu de la loi de finances 2026, les entreprises relevant du régime du réel ou adhérentes à un Centre de Gestion Agréé peuvent bénéficier, pendant trois ans, d’exonérations d’impôts et de charges patronales sur les salaires versés aux diplômés camerounais de moins de 35 ans recrutés pour un premier emploi, un stage de pré-emploi ou un contrat de professionnalisation (à l’exclusion des cotisations de sécurité sociale). Les employeurs peuvent également prétendre à un crédit d’impôt équivalent à 20 % des dépenses éligibles liées à la formation, à l’encadrement et à l’insertion professionnelle de ces jeunes.
M. Bassilekin a précisé que cette caravane visait à évaluer la mise en œuvre des mesures et le taux d’adhésion aux CGA, dans le cadre des efforts de formalisation progressive de l’économie camerounaise. Cette dynamique de formalisation se concentre particulièrement sur Douala ; selon le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, la ville concentre environ 38 % des PME formelles du pays. Les CGA exercent leurs activités sur l’ensemble du territoire camerounais, offrant aux entreprises une assistance en matière de gestion ainsi qu’un soutien pour le respect de leurs obligations fiscales. Ces centres ont pour vocation d’aider les petites entreprises à améliorer leur gestion et à mieux se conformer aux exigences fiscales.
Le journal Cameroon Tribune a rapporté que les échanges tenus à Douala contribueraient également aux travaux préparatoires de la loi de finances 2027. L’ampleur de la tâche demeure considérable. Une enquête sur les entreprises du secteur informel menée en 2017 — et citée dans une analyse de 2024 du Nkafu Policy Institute — révélait que seuls 31 % des travailleurs indépendants disposaient d’une carte de contribuable, 10 % étaient immatriculés au Registre du commerce et du crédit mobilier, et 2 % étaient affiliés à la Caisse nationale de prévoyance sociale.
Le MINPMEESA a indiqué que les recommandations adoptées visent à accroître la transparence fiscale, à renforcer la compétitivité des PME et à favoriser une formalisation plus large de l’activité économique.
Elise Nguélé




