AccueilSecteursEconomieLe Cameroun mise sur Amcham pour tenter de renouer avec l’Agoa

Le Cameroun mise sur Amcham pour tenter de renouer avec l’Agoa

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La rencontre s’est tenue dans un contexte particulier : le Cameroun reste exclu de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), le dispositif commercial américain qui accorde à certains pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché des États-Unis. Pour l’AmCham Cameroon, cette situation ne ferme toutefois pas la porte à un approfondissement des relations d’affaires entre Yaoundé et Washington. L’organisation mise notamment sur le relais de son réseau américain pour rapprocher les entreprises des deux pays et faire émerger des projets d’investissement dans plusieurs secteurs. 

Faire du Cameroun autre chose qu’un simple marché

Au-delà du constat, l’AmCham plaide pour une relation économique moins centrée sur la seule consommation et davantage tournée vers la transformation locale. Sa présidente, Laure Djoukam, défend des partenariats capables de créer des entreprises, de soutenir l’industrialisation et de générer plus d’emplois. L’idée, en filigrane, est de faire du Cameroun non seulement un débouché commercial, mais aussi une base de production pour des projets à plus forte valeur ajoutée.

Cette ambition renvoie directement à la question du climat des affaires. Pour séduire davantage d’entreprises américaines, le pays doit offrir un environnement plus rassurant, fondé sur la sécurité juridique, la transparence et l’exécution effective des contrats. Dans cette perspective, l’AmCham revendique un rôle d’interface entre ses membres et l’administration, notamment les services des douanes et des impôts, afin de mieux faire remonter les contraintes des entreprises et d’améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics.

Le déficit d’information, premier frein côté américain

Côté américain, le diagnostic est plus pragmatique qu’idéologique. Le potentiel du Cameroun est reconnu, mais il reste jugé insuffisamment lisible. Le chargé d’affaires par intérim à l’ambassade des États-Unis à Yaoundé, John G. Robinson, a insisté sur le déficit d’information qui entoure encore l’offre économique camerounaise. Pour des entreprises susceptibles d’investir dans les mines, les minerais critiques ou les services, la difficulté ne réside pas seulement dans l’évaluation du risque, mais aussi dans la compréhension concrète des procédures d’entrée sur le marché et des conditions d’opération. 

Ce déficit de lisibilité renvoie à une faiblesse plus large : la visibilité encore limitée des opportunités sectorielles, des procédures administratives et des interlocuteurs compétents. Autrement dit, pour attirer davantage de capitaux américains, le Cameroun devra non seulement améliorer ses fondamentaux, mais aussi mieux vendre son offre économique.

Un pari sur la diplomatie économique malgré l’AGOA

En réunissant administration, diplomates et chefs d’entreprise autour de ces enjeux, l’AmCham Cameroon tente ainsi de faire émerger une feuille de route plus opérationnelle entre Yaoundé et Washington. Pour le Cameroun, l’enjeu est de transformer un dialogue encore largement exploratoire en projets concrets, dans un contexte où la diversification des partenaires, la transformation locale et la création d’emplois deviennent plus pressantes.

L’exclusion de l’AGOA prive le pays d’un levier commercial symbolique, mais elle n’interdit pas pour autant une stratégie plus offensive de séduction du capital américain. Reste à savoir si le Cameroun saura convertir cet intérêt diplomatique et institutionnel en décisions d’investissement effectives — ce qui suppose, au-delà des discours, un environnement d’affaires plus lisible, plus prévisible et plus crédible. 

Rédaction
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