(BFI) – Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNSC) et le Conseil des chargeurs tchadien (COC-Tchad) ont signé un accord de coopération visant à moderniser le corridor de transport Douala-Kribi/N’Djamena. Selon les autorités, cet accord a pour objectif d’améliorer le transit des marchandises, de réduire les engorgements et de renforcer les flux commerciaux entre les deux pays et l’ensemble de la sous-région centrafricaine.
L’accord a été signé récemment au siège du COC-Tchad à N’Djamena, lors de la 5e édition du forum tripartite Tchad-Cameroun-République centrafricaine, organisé par le Tchad. Il a été signé par Auguste Mbappé Penda, directeur général du CNCC, et Hamid Djoumino, directeur général du COC-Tchad, en présence de Cyrus Ngo’o, directeur général de l’Autorité portuaire de Douala.
Selon les informations publiées par la CNCC sur sa page Facebook, l’accord vise à positionner le corridor Douala-Kribi/N’Djamena comme une voie logistique stratégique pour l’Afrique centrale, en améliorant la circulation des marchandises entre la côte atlantique et le Tchad, pays enclavé. Il est ressorti de la signature que le protocole met l’accent sur l’interconnexion des systèmes d’information, le suivi électronique des cargaisons, la simplification des formalités douanières et la création d’une plateforme numérique partagée pour le suivi des opérations de transit et le traitement des réclamations des opérateurs économiques.
Lors de la signature, des représentants officiels ont indiqué que l’initiative vise également à réduire les pratiques irrégulières le long du corridor, à produire des statistiques de performance et à mobiliser des partenaires techniques et financiers pour soutenir les réformes des infrastructures et de la logistique. Les deux institutions ont déclaré que l’objectif est de créer un corridor plus fluide et moins contraignant pour les importateurs, les exportateurs et les transporteurs opérant entre le Cameroun et le Tchad.
Pour le Tchad, qui dépend fortement du corridor de Douala pour accéder aux marchés internationaux, l’accord devrait renforcer la coordination de la chaîne d’approvisionnement et soutenir les opérations d’import-export transitant par les ports de Douala et de Kribi. Les autorités ont indiqué que plus de 80 % des importations tchadiennes transitent par le Cameroun, faisant de ce corridor une voie commerciale stratégique pour le commerce extérieur du pays.
À l’issue de la cérémonie de signature, le directeur général de la CNCC, Auguste Mbappé Penda, a déclaré que l’accord permettrait aux deux institutions d’améliorer les mécanismes de soutien aux chargeurs et aux opérateurs économiques confrontés à des difficultés opérationnelles tout au long de la chaîne de transit. Il a précisé que la convention était axée sur « l’échange de données entre nos deux plateformes » et sur l’assistance aux opérateurs des deux pays. Il a ajouté que les opérateurs tchadiens rencontrant des difficultés au Cameroun pourraient solliciter l’aide de l’Autorité portuaire de Douala et de la CNSC, tandis que les opérateurs camerounais au Tchad bénéficieraient du soutien de la COC-Tchad et des autorités douanières tchadiennes. « Nous disposerons d’une plateforme unique sur laquelle les opérateurs pourront soumettre leurs problèmes et leurs demandes afin que des solutions puissent être trouvées le plus rapidement possible. Tous les acteurs concernés, notamment les conseils des chargeurs, les autorités portuaires et les administrations douanières des deux pays, devraient être impliqués dans ce système », a déclaré Auguste Mbappé Penda.
Le directeur général de COC-Tchad, Hamid Djoumino, a déclaré que ce partenariat témoignait d’un engagement commun à soutenir les commerçants et les transporteurs empruntant le corridor reliant le Tchad aux ports maritimes du Cameroun. Il a souligné que le Tchad et le Cameroun étaient des partenaires commerciaux étroitement liés, dont les acteurs économiques dépendaient de services de soutien coordonnés lors des opérations de transit. Il a ajouté que cet accord contribuerait à améliorer les mécanismes d’assistance aux transporteurs et aux importateurs utilisant ce corridor. « Nous sommes deux pays voisins et nous devons unir nos efforts pour soutenir les opérateurs du commerce extérieur. Cette alliance contribuera à améliorer les conditions de travail des expéditeurs et des transporteurs acheminant des marchandises par ce corridor », a affirmé M. Djoumino.
Elise Nguélé




