(BFI) – La sécurité du corridor reliant le port de Douala à Bangui, principal axe d’approvisionnement de la République centrafricaine (RCA), demeure une priorité pour Yaoundé et Bangui. Face aux défis sécuritaires persistants le long de leur frontière commune, les deux pays ont décidé de renforcer leur coopération afin de préserver la fluidité des échanges commerciaux et la stabilité des zones frontalières.
C’est dans ce contexte que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a reçu en audience, le 3 août 2026, son homologue centrafricain chargé de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Bruno Yapande. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de concertation visant à mieux coordonner les actions des deux États sur une frontière longue d’environ 800 kilomètres, où coexistent enjeux sécuritaires, économiques et humanitaires.
Au cœur des échanges figurait la sécurisation des espaces frontaliers, régulièrement confrontés à la criminalité transfrontalière, aux mouvements irréguliers de populations et à diverses formes de trafics. Les deux ministres ont également examiné les moyens de renforcer la coopération entre les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services compétents des deux pays afin d’améliorer la surveillance de cette frontière stratégique. « Nous sommes conscients du fait que la stabilité en Afrique centrale vient du Cameroun », a-t-il notamment déclaré dans des propos rapportés dans la presse.
Outre l’aspect sécuritaire, les discussions ont porté sur les importantes relations socioéconomiques qui unissent les populations des deux pays. Les deux responsables ont souligné la nécessité de concilier les impératifs de sécurité avec la préservation de la libre circulation des personnes et des biens, dans le respect des législations nationales. Ils ont également insisté sur l’importance de développer les échanges commerciaux, de promouvoir la coopération décentralisée et de soutenir des projets communs en faveur des communautés vivant de part et d’autre de la frontière.
Cette coopération revêt un enjeu particulier pour la RCA, pays enclavé dont une grande partie des importations transitent par le port de Douala avant d’emprunter le corridor Douala-Bangui. Cet axe logistique constitue une véritable colonne vertébrale de l’économie centrafricaine, assurant l’acheminement de produits alimentaires, de carburants, de médicaments et d’autres biens essentiels. Toute perturbation de ce corridor, qu’elle soit liée à l’insécurité ou à des difficultés administratives, a des répercussions directes sur l’approvisionnement de Bangui et sur les échanges commerciaux entre les deux pays.
La rencontre entre les deux ministres traduit ainsi une volonté commune de faire de cette frontière un espace de coopération plutôt qu’un foyer d’instabilité. Dans un contexte où les défis sécuritaires et les flux commerciaux sont étroitement liés, Yaoundé et Bangui entendent renforcer la coordination de leurs administrations afin de préserver la paix, sécuriser les activités économiques et favoriser le développement des territoires frontaliers.
Omer Kamga



