(BFI) – Le Cameroun a sollicité des investisseurs et des institutions financières à Londres afin de trouver de nouvelles sources de capitaux à long terme pour financer les projets de sa Stratégie nationale de développement (SND30). Le gouvernement a présenté des opportunités dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures de transport, des mines, de l’agro-industrie, de l’industrie manufacturière, de la connectivité numérique, de l’eau et du développement urbain lors de réunions tenues les 9 et 10 septembre 2026.
Cette initiative a été organisée en collaboration avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC), qui met en relation plus de 140 partenaires issus du monde des affaires et des gouvernements dans 35 pays et territoires. Selon le ministère des Finances, les discussions ont porté sur la mobilisation de financements à des coûts soutenables grâce à des garanties, au financement mixte et à des mécanismes de partage des risques combinant fonds publics ou de développement et capitaux privés, tout en répartissant les risques d’investissement.
Le gouvernement estime que la mise en œuvre de la SND30 nécessitera environ 88 000 milliards de Fcfa. Les partenaires au développement et le secteur privé devraient fournir une part substantielle de ce financement, renforçant ainsi la nécessité de mobiliser des capitaux au-delà de l’emprunt public traditionnel.
Ces réunions à Londres interviennent alors que le Cameroun cherche à diversifier les modes de financement de ses projets de développement tout en maintenant sa dette à des niveaux soutenables. Les chiffres présentés par le gouvernement situent le produit intérieur brut (PIB) nominal à 34 474 milliards de Fcfa en 2025, avec une croissance économique réelle de 3,5 %. Les activités hors pétrole représentaient près de 98 % de l’économie. La dette publique du Cameroun reste inférieure au plafond de convergence de 70 % fixé pour les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Le Fonds monétaire international (FMI), selon son propre périmètre de calcul de la dette, a estimé la dette publique à environ 40 % du PIB en 2025. Le FMI prévoit une croissance économique de 3,3 % en 2026 et a appelé à la discipline budgétaire, à une mobilisation accrue des recettes ainsi qu’à des réformes visant à améliorer la gestion des investissements publics et à soutenir une croissance plus forte à moyen terme. Le Cameroun a également mis en avant un potentiel hydroélectrique de plus de 12 gigawatts et a fait état de dépenses sensibles au climat s’élevant à 406,3 milliards de Fcfa dans le budget 2026. Le pays a adopté un cadre de financement durable en 2025 afin de mobiliser des financements verts, sociaux et durables, et il étudie également des mécanismes de finance carbone.
Les réunions de Londres visaient aussi à transformer les opportunités d’investissement identifiées en projets structurés et bancables, susceptibles d’attirer des investisseurs institutionnels et privés.




