Le Cameroun accorde des exonérations aux projets d’envergure dans le solaire

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Rendre l'énergie renouvelable plus accessible en Afrique

(BFI) – Le projet de construction de deux centrales solaires d’une capacité globale de 25 MW dans les villes de Maroua (15 MW) et de Guider (10 MW), dans la partie septentrionale du pays, bénéficiera des exonérations fiscalo-douanières allant de 5 à 10 ans, prévues par la loi de 2013 (révisée en 2017) portant incitations à l’investissement privé au Cameroun.

 La convention y afférente a été signée le 20 janvier 2021 dans la capitale camerounaise, entre l’Agence de promotion des investissements (API) et la société Maroua Guider Solar Company (MGSC). Il s’agit d’une coentreprise formée par la société norvégienne Scatec, l’Américano-israélien Izuba Energy, et Sphinx Energy, une société dirigée par un opérateur économique camerounais basé aux États-Unis. Ces trois sociétés forment le consortium choisi en 2018 par l’électricien Eneo, pour développer et réaliser ce projet.

Les deux centrales, qui engloutiront 17 milliards de FCFA, seront construites par Scatec, entreprise norvégienne disposant de la plus grande capacité d’énergie solaire actuellement installée en Afrique (400 MW en Égypte, plus de 300 MW en Afrique du Sud, 40 MW au Mozambique, 300 MW en cours en Tunisie…). Au bout de 8 à 9 mois de travaux, ces infrastructures produiront de l’énergie solaire, qui sera vendue à Eneo, selon le contrat signé avec cette société d’électricité contrôlée par le fonds d’investissement britannique Actis.

Retombées

À en croire nos sources, en plus d’augmenter les capacités de production installées dans la partie septentrionale du Cameroun, les centrales solaires de Guider et de Maroua permettront d’économiser pour 7 à 8 milliards de FCFA de frais de carburant par an, du fait de l’arrêt des centrales thermiques en activité dans cette partie du pays.

Selon les actionnaires de MGSC, le démarrage des travaux sur le terrain n’attend plus que la conclusion des négociations actuellement en cours avec l’État du Cameroun, pour l’octroi d’une licence de production et de vente de l’énergie solaire. « C’est le tout premier contrat de ce type au Cameroun. Il faut donc que toutes les parties autour de la table saisissent bien les enjeux. Surtout que dans ce cas, il s’agit d’un projet dans lequel l’État n’est pas actionnaire, comme à KPDC et DPDC, qui ont les centrales de Dibamba et à gaz de Kribi. Dès que cette licence sera signée, nous allons avancer très rapidement sur le projet », confie une source proche du dossier.

Premiers projets de cette envergure dans l’énergie solaire en Afrique centrale, les centrales solaires de Guider et de Maroua auront également la particularité de produire de l’énergie à des coûts de sortie les plus compétitifs, apprend-on. « Le kilowatt sortira à moins de 40 FCFA. Dans une certaine mesure, ces deux projets sont plus compétitifs que l’hydroélectricité », souffle une source autorisée. À en croire la même source, ce modèle de centrale est une véritable aubaine pour la diversification du mix énergétique au Cameroun, largement dominé par l’hydroélectricité (61,77%) et le thermique (38,2%).

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