(BFI) – Le Gabon redessine la carte de la puissance régionale par le haut. En franchissant cette semaine le cap symbolique de son 32e niveau, le chantier de la Tour de Libreville surclasse désormais officiellement les Tours Mpila de Brazzaville. Culminant à 204 mètres de hauteur à son achèvement prévu pour fin 2027, ce géant de verre et d’acier s’impose dès aujourd’hui comme la structure la plus haute d’Afrique centrale.
Le chantier de la Tour de Libreville, officiellement lancé au quatrième trimestre 2024, progresse à un rythme remarquable sur le front de mer de la capitale gabonaise, au cœur du projet d’aménagement de la Baie des Rois.
Porté par le constructeur FB Group, ce chantier titanesque progresse au rythme effréné d’un étage par semaine, une prouesse technique rendue possible par l’usage de coffrages auto-grimpants automatisés. Si l’édifice affiche 46 étages habitables hors-sol, il se déploie en réalité sur 56 niveaux en comptabilisant ses infrastructures souterraines et ses plateformes techniques sommitales. Ancrée sur le front de mer dans la zone en pleine mutation de la Baie des Rois, la tour abritera notamment des bureaux ministériels et un hôtel de luxe de la chaîne internationale Hilton.
Au-delà de la performance architecturale, l’émergence de ce phare urbain envoie un signal macroéconomique fort : Libreville entend affirmer son leadership et centraliser les futurs investissements d’affaires de la sous-région. Reste désormais à transformer cette vitrine de béton en un véritable aimant à capitaux pour l’économie gabonaise.
Un enjeu économique et budgétaire
Au-delà de la prouesse architecturale, la Tour de Libreville répond à une logique de rationalisation des dépenses publiques. L’édifice doit permettre de regrouper et de centraliser plusieurs services administratifs, avec l’objectif de réduire à terme les charges liées à la location de bâtiments dispersés. « Cet ouvrage phare incarne la volonté des plus hautes autorités de réaliser des économies budgétaires significatives au profit du développement national », souligne une source proche de la présidence.
L’enjeu économique ne se limite cependant pas aux économies de loyers. Un chantier de cette ampleur mobilise des ingénieurs, techniciens, ouvriers spécialisés et différents prestataires, avec des effets directs et indirects sur l’activité. Mais son véritable rendement économique devra se mesurer dans la durée : économies effectivement réalisées, coût d’entretien du bâtiment, taux d’occupation et capacité de l’infrastructure à améliorer l’efficacité administrative.
À l’achèvement de sa construction, prévu fin 2027, l’édifice culminera à 52 étages pour une hauteur totale de 204 mètres, soit une superficie de 65 000 m² déployés sur ses niveaux. Au-delà de la prouesse technique, la tour incarne une ambition plus large : positionner Libreville parmi les capitales africaines dotées d’une silhouette architecturale emblématique, à la hauteur des ambitions économiques que le Gabon de la 5e République entend projeter sur la scène continentale.
Si le calendrier est respecté, Libreville disposera bientôt d’une silhouette architecturale emblématique, à la hauteur des ambitions institutionnelles du Gabon. Mais le véritable défi sera de faire de cette vitrine un actif utile à l’économie : une infrastructure qui ne soit pas seulement visible, mais productive.
Antoine Mboussi




