La société Sano suspendu pour six mois

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(BFI) – C’est par un arrêté signé le 4 mars dernier que le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Gabriel Dodo Ndoke que l’information a été rendue publique. Les motifs évoqués par le ministre en charge de l’Industrie, sont relatifs au non-respect des normes d’exploitation et de conditionnement de ce produit dont le retrait est annoncé.

A cet effet, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana écrit : « A regard de ce qui précède, et au nom de la protection et de la préservation de la santé des consommateurs, je vous demande d’organiser, toutes affaires cessantes, le déploiement de vos équipes sur le terrain en vue de procéder au retrait immédiat des produits incriminés du marché ».

Cette décision intervient 24h après que le ministre en charge de l’Industrie (Minmidt), Gabriel Dodo Ndoké, a signé, le 4 mars, un arrêté portant suspension, sur une durée de six mois, les activités du producteur d’eau dite « minérale » Sano. A la base de cette suspension, le Minmidt a invoqué « le non-respect des normes d’exploitation et de conditionnement des bouteilles et des bonbonnes d’eau destinées à la consommation du public ».

Sur des vidéos puisées à bonne source, l’on voit des agents de cette entreprise en train de manipuler, à mains nues, dans un espace insalubre et à même le sol, de l’eau pompée dans des bonbonnes. C’est d’ailleurs dans ce sens que Gabriel Dodo Ndoké a enjoint l’entreprise de changer sur l’étiquette, la dénomination « Eau minérale » en « Eau Sano ». Ce qui sous-entend que la marque Sano ne peut plus se prévaloir d’être dans la gamme des eaux minérales.

Réaction de l’entreprise

Dans la même journée du 5 mars, la direction générale de Sano a produit une « Lettre de mise au point ». Elle écrit : « La société Sano apprend avec stupéfaction par les réseaux sociaux l’existence d’un arrêté ministériel qui porterait suspension des activités d’exploitation et de conditionnement de l’eau Sano. Par la présente note de mise au point, la société Sano tient à préciser qu’elle n’a pas encore été notifiée de cette décision ; la société Sano entreprise citoyenne, de nationalité camerounaise, précise qu’aussitôt notifiée elle tirera les conséquences qui s’imposent ».

L’entreprise poursuit : « Aussi, la société Sano informe les uns et les autres que tout ce qui sera entrepris sans cette notification préalable engagera la responsabilité pleine et entière de ses auteurs. La société tient à rassurer les consommateurs quelle a mis et mettra en tout en œuvre pour la qualité irréprochable de ses produits ». A la fin, le producteur réitère qu’elle n’a jamais préalablement reçu une quelconque mise en demeure de conditionner ses produits de quelque manière que ce soit. Une version démentie par des sources autorisées au Minmidt.

Selon les dernières données produites par les Brasseries du Cameroun, Sano occupait en 2018, la troisième position sur ce segment avec 7,5 % des parts du marché. Ceci grâce « aux promotions permanentes de ses produits ». Cette marque a régulièrement fait l’objet de publicité dans les médias traditionnels (TV, radio, journaux, banderoles, affiches publicitaires…) et les réseaux sociaux. Son pack de six bouteilles (1L x6) coûte généralement moins cher comparativement aux concurrents: 750 FCFA pour Sano contre près de 1200 FCFA chez certains autres producteurs d’eau minérale. Pour aguicher les consommateurs, il y avait régulièrement des bouteilles à gratter avec la promesse de gagner un lot.

Par ailleurs, cette entreprise ne se limite pas seulement dans la production de l’eau dite « minérale ». Elle conditionne également des boissons dites gazeuses et « jus naturel ». Des gammes qui ne sont pas, pour l’instant, frappées officiellement d’interdiction ou de suspension de la part des autorités en charge du secteur.

Omer Kamga

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