La société Prometal ouvrira sa 4e unité de production moderne de fer diversifié en 2021 au Cameroun

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(BFI) – Dans la zone industrielle de Bassa, à Douala, la capitale économique camerounaise, une révolution se prépare dans le secteur des aciéries en Afrique subsaharienne. En effet, fin 2018, la société Prometal, leader du marché du fer à béton et bien d’autres produits ferreux au Cameroun, a lancé la construction de Prometal 4, présentée par ses promoteurs comme l’usine de transformation de fer la plus moderne et produisant la gamme de produits la plus diversifiée en Afrique subsaharienne. « En dehors de l’Afrique du Nord, ce sera le seul laminoir (machine destinée à laminer un produit métallurgique par passage entre deux cylindres, NDLR) de ce type sur le reste du continent », souligne une source proche du dossier.

Les travaux confiés au constructeur allemand SMS Group, qui réalise ainsi son tout premier contrat en Afrique au sud du Sahara, seront livrés au cours du premier trimestre 2021. La mise en service de Prometal 4, quant à elle, est prévue au courant du 2e semestre 2021, après une période d’essai et de rodage. Investissement d’environ 40 milliards de FCFA soutenu par un consortium de quatre banques locales, cette nouvelle usine fera passer la production globale de la société Prometal de 200 000 tonnes par an à plus de 300 000 tonnes, confie une source interne à l’entreprise.

En plus de doper la production du fer à béton de qualité, Prometal 4 aura la particularité de permettre la mise sur le marché de nouveaux produits, jusqu’ici importés par la plupart des pays d’Afrique, apprend-on de sources autorisées. Il s’agit notamment des poutrelles, des cornières, des fers plats et des fils machines qui sont des produits intermédiaires permettant de fabriquer les clous, les fers lisses et les vis.

À en croire un expert de la métallurgie, grâce à Prometal 4 et les nouveaux produits susmentionnés, le déficit de la balance commerciale camerounaise sur les matériaux de construction à base de fer pourra être réduit de 50%. Cette prouesse est transposable aux pays voisins du Cameroun, dans la mesure où, confessent les porteurs de ce projet, cette usine a été mise en place pour anticiper l’explosion de la demande induite par les grands chantiers d’infrastructures en cours en Afrique centrale, d’une part, et d’autre part, pour profiter des opportunités que charrie la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), officiellement entrée en vigueur le 1er janvier 2021.

Protection de l’industrie locale

Au demeurant, le Cameroun s’achemine vers l’ouverture de Prometal 4 sur fond d’inquiétudes pour l’ensemble des aciéries locales. En effet, alors que le gouvernement a décidé de suspendre les importations du fer à béton depuis 2016, en raison de la disponibilité en quantité et en qualité d’une production locale, les conducteurs des grands projets d’infrastructures en cours dans le pays continuent de recourir aux importations. Quand celles-ci ne sont pas frauduleuses, elles bénéficient des « autorisations spéciales » délivrées par certaines autorités, qui se mettent ainsi non seulement en marge de la restriction des importations décidée en 2016, mais aussi assènent un coup dur aux producteurs locaux.

La dernière actualité sur ce sujet est la récente pose des scellés sur une cargaison de plus de 7300 tonnes de fer à béton au port de Kribi. Selon l’Agence des normes et de la qualité (Anor), le ministère du Commerce et celui en charge de l’Industrie, ce matériau de construction a été frauduleusement importé par la société chinoise CHEC, dans le cadre de la 2e phase de la construction du port en eau profonde de Kribi, mis en service en 2018 dans la région du Sud du Cameroun. Des sources bien informées annoncent également l’arrivée prochaine au Cameroun d’une autre cargaison de fer à béton, importée cette fois-ci dans le cadre du projet de construction du barrage de Nachtigal (420 MW), dans la région du Centre.

Dans l’un et l’autre cas, les sociétés importatrices excipent l’inadéquation entre la qualité du fer local et leurs besoins. Cet argument est cependant battu en brèche, aussi bien par les analyses effectuées sur des échantillons locaux par le Laboratoire national du génie civil (Labogénie) que par les expériences antérieures d’utilisation du fer à béton produit localement dans de grands chantiers d’infrastructures, à l’instar du 2e pont sur le Wouri, des stades d’Olembé et de Japoma ou encore des barrages hydroélectriques sortis de terre ces dernières années au Cameroun.

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