(BFI) – La fintech américaine Azamra, basée à New York, étudie un mécanisme permettant à la diaspora camerounaise d’investir via la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). L’entreprise mène également des discussions avec la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) au sujet d’un projet pilote de paiements transfrontaliers.
Ces initiatives ont été annoncées par l’ambassade des États-Unis au Cameroun, précisant qu’Azamra se spécialise dans les solutions de tokenisation basées sur la blockchain pour les obligations d’État et les systèmes de paiement numérique. L’entreprise est dirigée par sa fondatrice et PDG américano-camerounaise, Leah Malla Rackovsky ; elle a son siège à New York et exerce des activités au Cameroun. Les détails du dispositif envisagé avec la CNPS — notamment les produits d’investissement, les montants, les rendements attendus et le calendrier de mise en œuvre — n’ont pas été dévoilés.
Ces discussions portent néanmoins sur une source importante de flux financiers extérieurs. Selon les données de la Banque mondiale, le Cameroun a reçu environ 690 millions de dollars de transferts de fonds de particuliers en 2024, soit 1,3 % du PIB du pays. Azamra décrit son infrastructure d’investissement comme un système permettant de convertir des instruments financiers traditionnels — tels que la dette souveraine et d’entreprise — en titres numériques. Sa plateforme est conçue pour couvrir l’émission, la négociation, le règlement-livraison, la conservation des titres et la conformité.
Parallèlement à l’initiative d’investissement de la diaspora, Azamra discute d’un projet pilote de paiements transfrontaliers avec la BEAC, l’autorité monétaire des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Un tel projet s’inscrirait dans un marché régional des paiements où la BEAC a déjà entrepris de renforcer l’interopérabilité. Son écosystème GIMACPAY relie les banques, les opérateurs de téléphonie mobile et d’autres prestataires de services de paiement, permettant ainsi les transferts entre comptes mobiles et bancaires ainsi que la réception de virements internationaux. La BEAC indique que le réseau compte actuellement 79 participants, environ 30 millions de comptes mobiles, plus de 1 500 distributeurs automatiques de billets (DAB) et 1 354 terminaux de paiement.
La banque centrale a également œuvré à la modernisation de l’infrastructure régionale de paiement sous-jacente. En 2025, elle a adopté la norme ISO 20022 pour les paiements au sein des systèmes de la CEMAC. Outre son infrastructure d’investissement par tokenisation, Azamra commercialise déjà des produits de gestion de trésorerie et de commerce international incluant des portefeuilles multidevises et des solutions de paiement transfrontalier. Les initiatives envisagées pour le Cameroun en sont encore au stade de l’exploration et des discussions ; aucun engagement de financement ni calendrier de lancement de projet pilote n’a été annoncé.




