(BFI) – Le Cameroun dispose d’un potentiel financier considérable. Mais la véritable question n’est plus seulement de savoir combien de ressources le pays possède, elle est de savoir comment mieux les mobiliser, les sécuriser et surtout les transformer en investissements capables de produire de la croissance, des emplois et de la richesse nationale. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la mission de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC).
Créée pour recevoir, conserver et gérer des sommes et avoirs publics et privés, la CDEC peut également concourir au financement du développement économique du pays, conformément aux priorités définies par le Gouvernement. La mission première de cette institution est de collecter, de sécuriser et de rentabiliser à long terme des ressources financières publiques et privées dites « oisives » ou inactives, afin de les orienter vers le financement des politiques publiques et du développement national.
De l’argent dormant à l’investissement productif
Pendant longtemps, certaines ressources financières ont pu rester immobilisées dans différents circuits institutionnels, bancaires ou administratifs. L’enjeu est donc de faire en sorte que ces ressources ne soient pas simplement conservées, mais qu’elles puissent, dans le strict respect de leur statut juridique et des règles de prudence financière, contribuer au financement de l’économie.
La CDEC apparaît ainsi comme un outil de mobilisation de l’épargne nationale et un instrument susceptible d’accompagner les politiques publiques. Son objectif n’est pas de se substituer aux banques commerciales, mais de jouer son rôle spécifique d’investisseur institutionnel de long terme et de contribuer à corriger certaines défaillances du marché.
Financer autrement le développement
Le défi est particulièrement important dans un contexte où les besoins de financement du Cameroun demeurent considérables. Pour 2026, le besoin total de financement de l’État est estimé à plus de 3 100 milliards de FCFA, avec notamment le recours aux emprunts intérieurs et extérieurs.
Dans ce contexte, renforcer les mécanismes domestiques de mobilisation des ressources devient une question de souveraineté économique. L’ambition doit être claire, mobiliser davantage de ressources nationales pour financer davantage de projets nationaux.
La CDEC peut ainsi contribuer, dans le cadre de ses missions et des mécanismes qui lui sont légalement ouverts, au financement d’investissements de long terme : infrastructures, logement, agriculture, industrialisation, énergie, économie numérique, PME, projets territoriaux structurants et autres secteurs prioritaires.
Une institution au service de la souveraineté financière
La souveraineté financière ne signifie pas vivre en autarcie. Elle signifie disposer d’instruments nationaux suffisamment solides pour mieux maîtriser ses ressources et diversifier ses sources de financement. C’est là que réside l’un des enjeux majeurs de la CDEC : faire de l’épargne et des ressources financières mobilisables au Cameroun un levier de développement du Cameroun.
Les premiers résultats communiqués en juillet 2026 illustrent la montée en puissance de l’institution : la CDEC avait alors annoncé avoir mobilisé 151 milliards de FCFA de ressources et constitué un encours de 56 milliards de FCFA investi en obligations du Trésor. Ces chiffres doivent surtout être considérés comme le début d’une dynamique.
Transformer la mobilisation financière en impact concret
La réussite de la CDEC ne se mesurera pas uniquement aux milliards collectés. Elle devra surtout se mesurer à la capacité de ces ressources à générer des infrastructures nouvelles, des entreprises compétitives, des emplois durables, une industrialisation accrue, une meilleure production agricole, davantage de logements, une économie plus inclusive et finalement, une amélioration concrète du niveau de vie des Camerounais.
Un franc CFA mobilisé doit, autant que possible, devenir un franc CFA utile à l’économie nationale. Cela suppose une gouvernance rigoureuse, une sélection exigeante des investissements, une gestion transparente des risques et une parfaite conformité aux textes qui encadrent l’institution.
La CDEC, un maillon du financement de l’émergence
Le Cameroun ambitionne de poursuivre sa transformation structurelle et son développement inclusif dans le cadre de la SND30. La CDEC peut constituer l’un des instruments institutionnels permettant d’accompagner cette ambition. Son rôle doit donc être compris dans une perspective plus large, sécuriser les ressources, les valoriser dans le temps et contribuer à leur orientation vers les priorités économiques du pays.
Le véritable enjeu est finalement simple, Comment faire pour que l’argent du Cameroun contribue davantage au développement du Cameroun ? La réponse passe par la mobilisation de l’épargne nationale, le renforcement des instruments financiers domestiques et une utilisation stratégique des ressources disponibles. C’est en cela que la CDEC peut devenir bien plus qu’une caisse : un véritable instrument de souveraineté financière et de transformation économique du Cameroun.



