(BFI) – Le plan de sauvetage de plus de 51 milliards de FCFA de la Cameroon Development Corporation (CDC) se heurte à de nouveaux défis financiers et fonciers majeurs au Cameroun. L’entreprise agro-alimentaire a enregistré une perte nette de 20,04 milliards de FCFA en 2025, replongeant dans le rouge après un bénéfice exceptionnel en 2024.
Alors que l’État camerounais tente de redresser la Cameroon Development Corporation (CDC) avec un plan de sauvetage de 51 milliards de FCFA, un violent litige foncier paralyse les plantations de Mutengene (Sud-Ouest). Entre destructions de cultures et bataille judiciaire, ce choc autour de 44 hectares met en péril l’approvisionnement du tout nouveau mini-moulin de Moliwe.
Le conflit a franchi un cap critique en ce mois d’août 2026. À la suite d’un regain de tension, plus de 150 jeunes palmiers à huile en pleine production ont été abattus à la tronçonneuse dans la section d’Esuke par des membres de la communauté musulmane locale, contraignant les ouvriers agricoles à fuir les lieux sous la menace.
Au cœur de la discorde, deux légitimités s’affrontent de plein fouet :
• Le projet communautaire : Les représentants musulmans revendiquent la propriété des 44 hectares pour y bâtir un complexe d’utilité publique, comprenant une mosquée de 3 000 places, un hôpital et un centre d’accueil pour les déplacés internes de la crise anglophone. Ils affirment avoir respecté les procédures et versé 33,7 millions de FCFA sur le compte de la CDC après une évaluation du ministère de l’Agriculture.
• Le blocus de la direction : De son côté, le Directeur Général de la CDC, Franklin Ngoni Njie, oppose une fin de non-recevoir. Il s’appuie sur une directive présidentielle de 2020 interdisant formellement toute cession de terres de la CDC dans le département du Fako. Pour l’entreprise, qui accuse une perte nette de 20 milliards de FCFA, chaque hectare est vital pour nourrir son usine de Moliwe et assurer sa survie.
Bien qu’un tribunal administratif ait d’abord tranché en faveur de la communauté musulmane, la direction de la CDC a immédiatement porté l’affaire devant la Cour suprême pour bloquer l’exécution. En attendant le verdict de la haute juridiction, la tension reste entière sur le terrain, illustrant le casse-tête des arbitrages fonciers au Cameroun où la préservation de l’outil industriel national se heurte désormais aux besoins d’urgence des populations locales.
Cédric Boyomo




