(BFI) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a lancé le 25 mai une nouvelle opération d’injection de liquidités destinée aux banques opérant dans la région CEMAC. Cette opération, qui se déroulera du 28 mai au 4 juin, propose 500 milliards de Fcfa aux banques commerciales des six pays membres : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.
Dans son avis d’appel d’offres, la banque centrale a précisé que l’opération se déroulerait par le biais d’une adjudication à taux variable, le taux d’intérêt applicable aux offres étant fixé à 4,75 %. Cette dernière opération confirme la décision de la BEAC de maintenir son offre de liquidités à 500 milliards de Fcfa malgré les fluctuations de la demande bancaire ces dernières semaines.
Le 5 mai, les banques ont demandé 572,2 milliards de Fcfa, un montant supérieur à l’offre de la banque centrale. La BEAC a alors alloué la totalité des 500 milliards de Fcfa disponibles. Une semaine plus tard, la tendance s’est inversée. Lors de l’opération du 12 mai, la BEAC a porté l’offre à 550 milliards de Fcfa, mais les banques n’ont demandé que 364,2 milliards de Fcfa. L’intégralité du montant demandé a été allouée. Le 18 mai, la banque centrale a rétabli son offre à 500 milliards de Fcfa, tandis que les banques en demandaient 426 milliards.
Ces fluctuations récentes mettent en évidence l’hétérogénéité de la demande de refinancement au sein du système bancaire de la Cemac. Après avoir dépassé l’offre de la banque centrale début mai, la demande est ensuite tombée en dessous des montants disponibles lors des opérations suivantes.
Les banques ont principalement recours au refinancement de la banque centrale pour gérer leurs besoins de liquidités et de trésorerie à court terme. Selon les banquiers, la demande de refinancement augmente généralement lorsque les besoins de financement des clients ou les tensions sur la liquidité excèdent les ressources internes. Cependant, les demandes adressées à la banque centrale dépendent également de la gestion de trésorerie, des garanties disponibles et des conditions du marché interbancaire.
Dans ce contexte, la décision de la BEAC de maintenir une offre de 500 milliards de Fcfa témoigne d’une approche prudente. La banque centrale continue d’injecter des liquidités dans le système bancaire sans ajuster mécaniquement son offre chaque semaine en fonction des fluctuations de la demande. Cette stratégie permet à la BEAC de soutenir l’activité de financement bancaire tout en limitant le risque de surabondance de liquidités dans le système financier.
Malgré la hausse observée depuis début 2026, la demande actuelle demeure inférieure aux pics enregistrés fin 2025. À cette époque, la demande bancaire dépassait 650 milliards de Fcfa avant d’atteindre 700 milliards, puis 800 milliards en octobre, ce qui avait incité la BEAC à accroître progressivement ses injections de liquidités.
Les derniers chiffres indiquent que les banques ont toujours besoin d’un soutien au refinancement, mais les tensions sur la liquidité sont moins fortes qu’au cours du second semestre 2025. Pour la BEAC, le défi consiste désormais à trouver un équilibre entre le soutien au crédit bancaire, le contrôle des liquidités et la stabilité monétaire dans la région Cemac.
André Noir




