(BFI) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), institut d’émission des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), a dévoilé ce 2 avril 2025, depuis Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA), une nouvelle gamme de pièces de monnaie, mise en circulation à compter de ce jour dans l’ensemble de l’espace communautaire.
S’exprimant sur le sujet à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la BEAC, tenue le 24 mars 2025 à Malabo, en Guinée équatoriale, le gouverneur de la banque centrale des États de la Cemac, le Centrafricain Yvon Sana Bangui, avait indiqué que tous les centres de distribution de la BEAC dans les six pays sont d’ores et déjà approvisionnés. Il ne restait plus qu’à présenter la nouvelle gamme de pièces au président en exercice de la Cemac, le chef de l’État centrafricain Faustin Archange Touadéra. Cette dernière étape a précédé le dévoilement des nouvelles pièces, effectué le 2 avril 2025 dans la capitale centrafricaine. La nouvelle gamme, qui ne remplace pas l’ancienne dans les transactions commerciales, a la particularité d’inclure une pièce de 200 FCFA, en plus des pièces habituelles de 5, 10, 25, 50, 100 et 500 FCFA.
« Les métaux et les alliages qui ont été utilisés pour cette nouvelle gamme vont permettre de garantir sa sécurité, par rapport à l’exportation des pièces que nous connaissons dans la zone, en raison de ce que les alliages et les métaux (de la gamme actuelle) ont une valeur marchande beaucoup plus élevée que les pièces elle-mêmes. Nous avons corrigé ce problème et espérons que les nouvelles pièces seront acceptées par les populations…», souhaite le gouverneur de la BEAC.
C’est le 15 mars 2023 que le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), à la demande du Conseil d’administration de la BEAC, avait autorisé cet institut d’émission à mettre en circulation de nouvelles pièces de monnaie. Ceci après l’émission d’une nouvelle gamme de billets de banque intervenue le 15 décembre 2022. L’émission de nouvelles pièces a pour but, selon les autorités monétaires de la sous-région, de mettre un terme à la pénurie des pièces de monnaie devenue quasi permanente dans la zone Cemac depuis quelques années.
La faute à la naissance de réseaux d’exportation de ces pièces vers un pays asiatique, après leur collecte dans les salles de jeux et autres circuits informels. À l’origine de cette pratique, apprend-on, se trouve la valorisation dans les activités de bijouterie du métal de base servant à la fabrication desdites pièces. Pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses, la BEAC a décidé de renforcer la sécurité de ses pièces, en produisant une nouvelle gamme fabriquée cette fois-ci à partir des matières premières ne correspond pas à celles utilisées dans l’industrie de la bijouterie.