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La Banque mondiale mise sur le Cameroun, le Gabon et le Tchad pour relever la croissance économique en 2026

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Cette performance les place devant le Congo, attendu à 3,2% et la Centrafrique, dont la croissance devrait atteindre 3%. La Guinée Équatoriale se distingue en revanche par une trajectoire nettement plus fragile avec une expansion économique estimé seulement à 0,4%.

Dans une région fortement dépendante des matières premières et exposées aux fluctuations des marchés internationaux, ces niveaux de croissance traduisent une reprise prudente plutôt qu’un véritable décollage économique. Ils s’inscrivent dans un contexte de consolidation budgétaire, des contraintes énergétiques persistantes et d’incertitudes liées à l’évolution des marchés pétroliers.

Trois économies en tête

Au Cameroun, et ceux d’après la Banque mondiale, cette croissance sera soutenue par une hausse de la production d’électricité et par l’augmentation des investissements publics et privés. L’inflation devrait progressivement converger vers l’objectif régional de 3% d’ici 2027. Malgré cette dynamique, la trajectoire macroéconomique reste marquée par plusieurs fragilités. L’épuisement progressif de certains champs pétroliers devraient réduire les recettes liées aux hydrocarbures. Les autorités devraient donc continuer à rationaliser les dépenses publiques afin de contenir un déficit budgétaire attendu autour de 1,7% du PIB à moyen terme. Dans le même temps, la croissance par habitant resterait insuffisance pour inverser la tendance de la pauvreté. La Banque mondiale estime que le nombre de personnes vivantes sous le seuil de pauvreté de 3 dollars par jours en parité de pouvoir d’achat pourrait dépasser 8,3 millions d’ici 2027.

En RCA, les projections de la Banque mondiale indiquent que la consommation publique et privé liée au cycle électoral ainsi que les investissements associés au Plan national de développement 2024-2028 devrait soutenir l’activité économique. L’inflation pourrait revenir vers la cible régionale tandis que le déficit budgétaire serait progressivement réduit grâce à une réforme dans la gestion des finances publiques. Malgré ces évolutions, l’extrême pauvreté resterait très élevé et pourrait encore progresser dans les prochaines années.

Au Congo, la banque mondiale anticipe une amélioration liée à plusieurs facteurs sectoriels. L’entretien et la revitalisation de certains champs pétroliers devrait soutenir la production, tandis que l’augmentation des ventes de gaz et la mise en service d’une nouvelle raffinerie privée pourrait aussi contribuer à l’activité. Dans le même temps, la dette publique devrait diminuer pour atteindre environ 81% de PIB grâce au remboursement des dettes intérieurs et extérieurs. Toutefois, les tensions de trésorerie et les perturbations énergétiques pourraient continuer à peser sur l’économie.

En ce qui concerne le Gabon, la Banque mondiale indique la baisse de la production pétrolière dans certains champs arrivés à maturité pourrait être compensé par l’expansion d’autres secteurs. La production de bois, de manganèse, de palmier à huile et de caoutchouc devrait progresser. Le secteur minier également pourrait bénéficier du démarrage récent de l’exploitation du minerai de fer de Belinga et d’un nouveau gisement attendu à partir de 2026. Parallèlement, plusieurs projets de construction et de développement des services pourraient soutenir l’activité économique. Cette diversification partielle ne suffirait toutefois pas à éliminer les fragilités budgétaires. La baisse des recettes pétrolière, combinée à un niveau élevé de dépenses publiques pourrait maintenir le déficit budgétaire autour de 4,6% du PIB à l’horizon 2026-2027.

La Guinée Équatoriale apparait comme l’économie la plus en difficulté parmi les six pays de la Cemac. La Banque mondiale prévoit une reprise très limitée d’environ 0,7% sur la période 2026-2027. La baisse de la production d’hydrocarbures et la diminution progressive des réserves pétrolières devraient continuer à peser sur l’activité. Cette évolution pourrait entrainer un recul des exportations et un creusement du déficit du compte courant. Le solde budgétaire devrait rester négatif autour de 1,6% du PIB, tandis que l’économie reste fortement dépendante des revenus pétroliers.

André Noir

Rédaction
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