La BAD répond sèchement à la Banque mondiale sur l’endettement de l’Afrique

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Adesina Malpass

(BFI) – Le torchon brûle entre la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Dans un communiqué rendu public en fin de semaine, la Banque africaine de développement (BAD) a réfuté les propos récents du président de la Banque mondiale, David Malpass, selon lesquels certaines banques multilatérales de développement, dont la BAD, avaient tendance à prêter trop rapidement et, ce faisant, aggravent les problèmes d’endettement du continent.

C’est une cinglante réaction de la Banque africaine développement (BAD) qui tombe ce vendredi suite à la sortie médiatique de David Malpass, président de la Banque mondiale. La BAD dénonce des propos « non fondés sur des faits » qui « mettent en cause l’intégrité de la [banque], discréditent ses systèmes de gouvernance et insinuent à tort qu’elle fonctionne selon des normes différentes de celles de la Banque mondiale. Une telle idée va à l’encontre de l’esprit du multilatéralisme et de notre travail de collaboration », indique un communiqué largement diffusé ce vendredi 14 février 2020.

Pour l’institution panafricaine, « cette déclaration est inexacte et non fondée sur des faits. Il met en cause l’intégrité de la Banque africaine de développement, sape nos systèmes de gouvernance et insinue à tort que nous fonctionnons selon des normes différentes de la Banque mondiale. La notion même va à l’encontre de l’esprit du multilatéralisme et de notre travail collaboratif ».

A un forum de la Banque mondiale et du FMI à Washington en début de semaine, David Malpass a critiqué plusieurs banques de développement, estimant qu’elles « ont tendance à prêter trop rapidement et à aggraver le problème de la dette des pays ». Le patron de l’institution de Bretton Woods a notamment cité en exemple la BAD pour ses prêts au Nigeria et à l’Afrique du Sud qui, selon lui, plongent ces pays dans une situation budgétaire difficile.

« Nous estimons que la Banque mondiale aurait pu explorer d’autres cadres existants pour discuter, entre banques multilatérales de développement, des questions liées à la dette. La déclaration générale du président du Groupe de la Banque mondiale laissant penser que la Banque africaine de développement contribue à l’endettement des pays africains et que ses normes de prêt sont moins strictes est tout simplement fallacieuse et inexacte », indique la BAD dans sa note.

Sur le terrain, la BM prête plus que la BAD

En parlant de faits, la BAD révèle que la Banque mondiale -en raison de sa puissance financière- décaisse beaucoup plus de fonds à destination des économies nigériane et sud-africaine, soit respectivement 8,3 milliards de dollars et 2,4 milliards de dollars en 2018, contre 2,1 milliards de dollars et 2 milliards de dollars pour la BAD.

Assurant suivre des normes strictes dans son processus d’octroi de prêts, l’institution financière panafricaine dirigée par le Nigerian Akinwumi Adesina reconnait la tendance d’aggravation de la dette des pays africains. Mais la BAD rappelle également qu’il est impératif de continuer d’aider ces économies « vu l’ampleur des besoins en financement du continent africain », d’autant que si cela ne dépendait que de ces pays, il faudrait en faire plus.

Félix Victor Dévaloix

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