(BFI) – Dans la réassurance, la connaissance du marché vaut parfois autant que la capacité financière. En nommant Jean-Baptiste Aizan Directeur Général de Chedid Re Africa pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Chedid Re ne recrute pas seulement un dirigeant expérimenté : le groupe choisit un professionnel qui connaît de l’intérieur les assureurs, les régulateurs et les mécanismes de cession qui structurent les marchés francophones africains. Annoncée le 1er septembre, sa nomination intervient alors que Chedid Capital poursuit méthodiquement l’élargissement de son empreinte africaine.
Le parcours d’Aizan explique largement ce choix. Chedid Re lui attribue plus de trois décennies d’expérience dans l’assurance et la réassurance. Bien avant cette nomination, il s’était imposé à la CICA-RE, où il a notamment dirigé le bureau régional d’Abidjan dès son implantation. Cette structure couvrait la Mauritanie et la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest. En 2023 encore, la CICA-RE le présentait comme son Directeur régional Afrique de l’Ouest francophone. Ce passage prolongé chez un réassureur institutionnel constitue un actif stratégique. Aizan connaît les besoins des compagnies locales, les équilibres techniques, les réseaux professionnels et surtout les réalités particulières de la zone CIMA.
Chedid Re veut transformer Abidjan en véritable plateforme régionale
Le recrutement dépasse donc la logique de succession managériale. Chedid Re a ouvert son premier bureau ivoirien en 2022, faisant d’Abidjan un point d’appui pour son développement africain. Le groupe dispose parallèlement d’une puissance de distribution continentale renforcée depuis que Chedid Capital a pris le contrôle intégral d’Ascoma en 2024, réseau présent dans 21 pays africains.
L’enjeu pour Aizan sera désormais de convertir cette infrastructure en croissance : renforcer les relations avec les assureurs locaux, capter davantage de traités et de facultatives, connecter les risques africains aux capacités internationales et positionner Chedid Re sur des besoins de plus en plus sophistiqués, de l’énergie aux infrastructures, en passant par les risques financiers, industriels et cyber.
Le défi sera aussi concurrentiel. La réassurance africaine attire des acteurs mondiaux et régionaux mieux capitalisés, tandis que les cédantes recherchent davantage d’expertise technique, de rapidité et de solutions adaptées.
Un recrutement qui dit quelque chose de la stratégie
Avec Jean-Baptiste Aizan, Chedid Re choisit donc moins un profil d’expansion spectaculaire qu’un homme de marché capable de transformer trois décennies de relations et d’expérience en avantage commercial. Si cette connaissance locale se combine efficacement au réseau international du groupe, Abidjan pourrait devenir l’un des pivots de sa prochaine phase de croissance africaine.
Placide Onguéné




